L’Allemagne abandonne le nucléaire une nouvelle fois

Le 30 mai 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La coalition gouvernementale au pouvoir en Allemagne aura négocié toute la nuit du 29 au 30 mai pour aboutir à une décision historique. Annoncée ce lundi matin par Norbert Röttgen, le ministre fédéral de l’environnement, la République fédérale va donc arrêter toute exploitation du nucléaire civil d’ici 2022.
 
L’opération se déroulera en trois temps. Les 8 réacteurs déjà stoppés [JDLE] ne seront pas autorisés à redémarrer. Six autres tranches (par ordre chronologique de mise en service) seront arrêtées d’ici 2021. Les trois dernières devront cesser toute production en 2022.
 
Présentée comme «irréversible» par Norbert Röttgen, cette décision fait autant sourire les observateurs que grincer des dents les industriels et nombre de politiques.
U
n arrêt définitif des 17 réacteurs nucléaires en 2022 est pratiquement un retour au calendrier fixé au début des années 2000 par la coalition sociaux-démocrates/Verts, dirigée par Gerhard Schröder.
 
La chancelière allemande avait pourtant fait voter fin 2010 un prolongement de 12 ans en moyenne de la durée légale d'exploitation des réacteurs du pays, contre sa propre opinion publique, provoquant ainsi une flambée du sentiment anti-nucléaire en Allemagne.
Chez nombre d’industriels, l’heure est à la consternation. Car il s’agit de trouver, en une dizaine d’années, comment produire 22% de l’électricité consommée en Allemagne. Et si possible, sans trop accroître les émissions de gaz à effet de serre.
 
L'Allemagne «va probablement devoir augmenter ses importations d'énergie nucléaire depuis la France et il y a un risque qu'elle ne parvienne pas à mettre fin aussi rapidement à sa dépendance aux énergies fossiles, notamment l'énergie produite à partir du charbon», résume le ministre suédois de l’environnement, Andreas Carlgren. 
 
Berlin va aussi devoir financer son brusque changement de politique énergétique. Le coût du démantèlement des centrales devrait se chiffrer en dizaines de milliards d’euros. Auquel il faudra ajouter quelques milliards pour la construction de nouvelles capacités de production.


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