L’alimentation mondiale s’est homogénéisée ces dernières décennies

Le 13 janvier 2020 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
La viande a conquis de nouveaux marchés
La viande a conquis de nouveaux marchés
DR

Au niveau mondial, les régimes alimentaires d’une région à l’autre tendent à s’uniformiser, montre une étude publiée lundi 13 janvier dans la revue Nature Food. Pour le meilleur et pour le pire, d’un point de vue sanitaire ou environnemental.

«Au cours du dernier demi-siècle, la croissance économique, l’urbanisation, les progrès technologiques dans l’agriculture, la production alimentaire, la transformation des aliments et leur stockage, ainsi que l’émergence d’une industrie agro-alimentaire toujours plus puissante et mondialisée, ont entraîné de profonds changements dans les systèmes alimentaires nationaux et régionaux», estiment James Bentham, statisticien à l’université du Kent (Canterbury, Royaume-Uni), et ses collègues.

Pour la première fois, les chercheurs ont mené une étude à l’échelle mondiale sur l’ensemble des principaux groupes d’aliments (viandes, poissons, fruits et légumes, produits sucrés, oléagineux, etc.), dont ils évalué l’offre dans chaque pays au cours de la période 1961-2013. Leurs résultats montrent des tendances variables d’une région à l’autre, avec une tendance à l’uniformisation du régime alimentaire.

L’Asie de l’est s’occidentalise

Selon les quatre scores qu’ils ont mis au point, reflétant l’offre alimentaire dans 171 pays, c’est en Asie de l’est et du sud-est, en particulier en Chine, à Taïwan et en Corée du Sud, que les changements sont les plus marqués, avec une montée en force des produits d’origine animale, dont la viande, le poisson et les œufs.

A l’inverse, l’offre de ces aliments, ainsi qu’en produits sucrés, a diminué dans les pays occidentaux, en particulier les anglophones tels que les Etats-Unis, le Canada, le Royaume-Uni et l’Australie. Seule tendance partagée au niveau mondial, l’offre en légumes semble s’être accrue dans la plupart des pays -notamment en France, qui ne montre pas d’évolution notable pour d’autres produits.

Des impacts sanitaires et environnementaux

Selon James Bentham, «il y a une transition claire dans le système alimentaire mondial, et cette tendance est responsable de nettes améliorations nutritionnelles dans certaines parties du monde. Toutefois, l’obésité demeure un défi important à long terme. Et nous devons aussi prendre en compte l’impact environnemental de ces changements». En particulier la consommation accrue de viande, gourmande en terres agricoles (pour l’alimentation animale) et en eau, et fortement émettrice de gaz à effet de serre.

Seule région où les changements demeurent faibles, l’Afrique subsaharienne, mais aussi certains pays d’Asie du sud comme le Bangladesh, dont le système agro-alimentaire n’a que peu évolué depuis 1961, révèle l’étude. C’est dans ces pays, selon les chercheurs, que la consommation de produits d’origine animale et de produits sucrés demeure la plus faible au monde.