L’alimentation bio progresse dans les cantines

Le 18 novembre 2019 par Stéphanie Senet
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Croissance record de 28% du CA du bio dans les cantines
Croissance record de 28% du CA du bio dans les cantines

Un an après l’entrée en vigueur de la loi Egalim[1], l’Agence Bio annonce, ce 18 novembre, une hausse record de 28% du chiffre d’affaires du bio dans la restauration collective. Un taux de croissance près de deux fois supérieur à celui enregistré dans la restauration commerciale.

 



[1] Issue des états généraux de l’alimentation

 

320 millions d’euros. C’est ce qu’ont représenté les ventes de produits bio dans les cantines en 2018, selon l’enquête[1] menée par l’Agence Bio avec CSA Research publiée ce 18 novembre. «Ce chiffre d’affaires est en hausse de 28% par rapport à 2017. Un résultat supérieur à la croissance générale du bio de 15,7% en 2018 (cf JDLE, relève Florent Guhl, directeur de l’Agence Bio.

Encore marginal, le bio récupère désormais 4,5% du marché de la restauration collective, contre 3% en 2017. Il reste loin de l’objectif de la loi Egalim : 20% de bio en 2022. Selon une enquête de la Fondation Nicolas Hulot et de Restau’Co publiée en juin dernier, cette transition (50% de produits de qualité dont 20% de bio) nécessite un investissement d’un milliard d’euros d’ici à 2022.

 

Les écoles en tête

Deux tiers des établissements interrogés ont introduit des produits cultivés sans pesticide de synthèse dans leurs menus. La restauration scolaire reste la plus sensibilisée (86% des établissements ayant introduit du bio), tandis que la restauration du travail plafonne à 58%, loin devant le secteur santé-social avec 38%.

 

Boule de neige bio

Deuxième tendance: les menus 100% bio se développent. Un tiers des établissements séduits en ont proposé en 2018. Les deux tiers restants vont au-delà d’un simple ingrédient et proposent des plats entièrement bio.

 

50% de bio régional

Question sensible, les produits servis dans les cantines sont made in France pour 72% d’entre eux. Un résultat similaire aux produits vendus aux particuliers par les distributeurs. A noter toutefois la hausse du bio local: 50% des ingrédients ont été produits dans la région. Pour le reste, les aliments viennent de l’Union européenne à hauteur de 20% et hors UE pour 8% d’entre eux.

 

Surcoût limité

Si le surcoût est inéluctable (81% des gestionnaires d’établissements en témoignent), il ne dépasse par 20% du coût d’un repas classique, selon Florent Guhl. Réduire l’écart de coût entre bio et conventionnel impose de mener des actions contre le gaspillage alimentaire, de consommer davantage de produits bruts et de plats végétariens.

Les cantines privilégient enfin les fruits frais bio (90% des établissements ayant introduit du bio) devant les légumes frais (82%), les produits laitiers frais (76%), l’épicerie (51%), les légumes surgelés (47%) et les produits frais carnés (41%).

 

Des restaurants peu gourmands

Le résultat du bio s’avère moins bon dans la restauration commerciale. Son chiffre d’affaires a atteint 230 M€ l’an dernier. En hausse de 11% par rapport à 2017. Seuls 4 restaurants interrogés sur 10 ont fait entrer des produits bio dans leur cuisine.

La provenance française des produits est toutefois plus accentuée que dans les cantines (80% contre 72%), avec 59% d’aliments produits dans la région. Enfin, ces restaurants commandent surtout des légumes frais bio (35% des établissements), des fruits frais (34%) et de vin (27%).

Le secteur espère que l’entrée en vigueur, en janvier 2020, du nouveau cahier des charges national du bio dans la restauration commerciale, créera un nouvel élan. Souple, il devrait intégrer trois catégories de certification : catégorie 1 pour 50 à 75% de produits bio (en valeur d’achat), catégorie 2 pour 75 à 95% et catégorie 3 pour 95% au moins. Par ailleurs, les restaurants devront obligatoirement s’enregistrer auprès de l’Agence Bio pour pouvoir afficher le logo AB.

 

 


[1] enquête menée auprès de 1.040 établissements de restauration collective en septembre 2019