L’air intérieur, facteur de productivité

Le 04 novembre 2015 par Romain Loury
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Un air intérieur contre-productif
Un air intérieur contre-productif
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Dans les bureaux, la qualité de l’air intérieur a une influence directe sur les capacités cognitives des travailleurs, démontre une étude américaine publiée dans la revue Environmental Heath Perspectives. Pas uniquement sur le long terme, mais le jour même de l’exposition.

Plusieurs études l’ont montré, on travaille mieux dans un air sain, libéré de polluants tels que les composés organiques volatils (COV), les particules fines ou le dioxyde d’azote. Mais il en manquait une démonstration claire, le sujet étant éminemment difficile à étudier: dans la plupart des travaux ayant comparé la productivité professionnelle selon la qualité de l’air, les travailleurs avaient connaissance du type d’environnement dans lequel ils étaient, au risque de biaiser les résultats.

C’est un écueil méthodologique auquel l’équipe de John Spengler, de la Harvard School of Public Health de Boston (Massachusetts), est parvenue à échapper: les chercheurs ont recouru au laboratoir TIEQ, situéé à l’université de Syracuse (New York). Spécialement équipé pour l’étude de l’air intérieur, le bâtiment dispose d’une grande pièce divisée en divers bureaux, et dont la composition de l’air intérieur est strictement contrôlée.

Exemple avec les COV: si le local est composé uniquement de matériaux à faible émission, son air peut en être enrichi par diffusion de ces composés via le système d’aération, leur concentration étant contrôlée à la source, puis mesurée tout au long de l’expérience. Et sans que les participants, en l’occurrence 24 professionnels (architectes, programmateurs informatiques, designers, ingénieurs, etc.), n’aient eu connaissance de la qualité de l’air qu’ils respiraient.

A 15h, ces personnes étaient mises face à un logiciel les confrontant à diverses situations de la vie réelle, testant neuf fonctions cognitives de haut niveau, telles que la capacité à prendre des décisions vers un but prédéterminé, à répondre à une situation de crise, à chercher des informations ou à faire preuve de sens stratégique.

Les COV ralentissent le cerveau

Résultat: ces personnes obtenaient de bien meilleurs résultats lorsqu’elles avaient passé leur journée dans un air sain (environnement «Green», entre 40 et 50 µg/m3 de COV) que dans un air «conventionnel», dont la teneur en COV se situait entre 500 et 700 µg/m3 de COV. Et l’effet était loin d’être marginal: en moyenne, leurs résultats aux tests cognitifs étaient 61% meilleurs.

Tout en gardant un niveau faible de COV, les chercheurs ont testé l’effet du CO2. Bien que surtout utilisé comme marqueur d’aération d’une pièce, ce gaz, issu de la respiration, s’avère un polluant à part entière: à 945 parties par million, les réponses au test étaient 15% moins bonnes que celles à 550 ppm (environnement «Green+»). Et dans un environnement très peu aéré (1.400 ppm), les résultats chutent de 50%.

Au-delà des bureaux, les chercheurs espèrent étudier la question dans d’autres types de locaux, dont les écoles. Alors que les jeunes cerveaux sont particulièrement sensibles à la pollution, ces lieux d’apprentissage sont souvent pollués bien au-delà du raisonnable, comme l’a récemment révélé l’étude européenne Sinphonie.

Menée dans 23 pays, elle montre que les jeunes Européens y sont exposés à un taux médian de 1.257 ppm de CO2, alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) conseille de ne pas dépasser 1.000 ppm, et que plus de 60% respirent un air dépassant la valeur seuil de 10 µg/m2 de formaldéhyde. Pour 86% des écoliers européens, le taux de ventilation n’atteint pas la valeur recommandée de 4 litres/seconde.



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