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L'air francilien, mauvais, comme d’habitude

Le 27 mars 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Jean-Félix Bernard, président d'Airparif.
Jean-Félix Bernard, président d'Airparif.
Airparif

La qualité de l’air francilien est un sujet environnemental qui a quelque chose de déprimant, tant les facteurs d’amélioration semblent au point mort. Impression renouvelée, cet après-midi 27 mars, à la présentation par les responsables du réseau de mesure francilien (Airparif) du bilan 2012 de la qualité de l’air de la région capitale. «C’est une année somme toute assez classique», annonce d’emblée Karine Léger. En jargon francilien, «assez classique» se traduit par situation «insatisfaisante», tant au plan sanitaire que réglementaire.

Malgré des conditions météorologiques très contrastées, les valeurs-limites (contraignantes au regard du droit européen) du dioxyde d’azote, des particules (PM 10 et PM 2,5), de l’ozone et du benzène ont été dépassées. «On estime qu’environ 3 millions de personnes sont potentiellement exposées à des niveaux de pollution qui ne respectent pas la réglementation», poursuit l’adjointe au directeur.

La photographie, polluant par polluant, n’est pas des plus réjouissantes. Grâce (seulement) aux conditions météorologiques, les niveaux de dioxyde d’azote sont légèrement plus faibles qu’en 2011: 3 millions de Franciliens ont été exposés à des concentrations trop élevées, en 2012, contre 3,1 millions l’année précédente. Pour les particules (PM 10), c’est un peu mieux: 2,4 millions exposés en 2012, contre 2,7 millions en 2011. C’est nettement moins bien, en revanche, pour les particules fines (PM 2,5) puisque l’objectif de qualité français (10 microgrammes par mètre cube) est largement dépassé dans toute la région et concerne donc les 11,5 millions de Franciliens. La situation de l’ozone est plus favorable qu’en 2011, malgré une fin d’été 2012 caniculaire.

Délicate au plan sanitaire, la situation française devient difficile au plan judiciaire. Selon toute probabilité, la France devrait être prochainement condamnée à des peines d’amende pour l’inefficacité de ses procédures anti-particules. En février dernier, la Commission a rejeté une demande de report de l’application de la directive (pour le NO2), de 2010 à 2015, formulée par Paris. Un nouveau train de sanctions est à prévoir.

Enfin, rappelle Vincent Le Biez, chef du service Energie Climat et Véhicules de la Direction régionale de l'environnement et de l'énergie d'Ile-de-France, la Commission estime que le niveau d’action français est insuffisant, ce qui devrait valoir un troisième contentieux avec Bruxelles.

«Nous payons-là des années de politiques contradictoires et contre-performantes», estime Jean-Félix Bernard. Et le président d’Airparif de fustiger, par exemple, le durcissement des normes d’émission des véhicules et l’encouragement de la valorisation énergétique de la biomasse, grand émetteur de… particules.

Année européenne de l’air, 2013 sera donc mouvementée à tous les niveaux. Ministériel, tout d’abord, qui tentera d’éviter des amendes, dont les montants pourraient se chiffrer en dizaines de millions d’euros par an. Régional, ensuite avec les retombées de la future loi sur la décentralisation qui confierait aux communes (plutôt qu’aux régions comme c’est le cas actuellement) la compétence de la gestion de la qualité de l’air. Francilienne, enfin, avec un réseau qui va devoir trouver de nouvelles ressources financières après la décision du conseil général des Hauts-de-Seine de sortir d’Airparif, à la surprise générale.

Une décision unilatérale qui n’inquiète pas outre mesure Jean-Félix Bernard. «Les 7 autres départements franciliens ont confirmé leur soutien à l’association. De plus, nous pensons que les communautés d’agglomération qui doivent établir des plans Climat-énergie territoriaux feront appel à nos services.»



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