L’air européen nocif pour 90% des urbains

Le 15 octobre 2013 par Stéphanie Senet
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Pour 90% des Européens vivant en ville, les seuils de recommandation pour les émissions de PM 2,5 sont dépassés
Pour 90% des Européens vivant en ville, les seuils de recommandation pour les émissions de PM 2,5 sont dépassés

La santé des Européens vivant en ville s’avère inquiétante au regard du rapport sur la qualité de l’air, publié ce 15 octobre par l’Agence européenne de l’environnement (AEE).

Le constat de l’AEE est sans appel. Malgré les baisses significatives de plusieurs polluants (dioxyde de soufre, monoxyde de carbone et benzène) au cours des trois dernières décennies, la qualité de l’air européen reste très préoccupante quant à sa teneur en particules fines.

Celle-ci s’avère en effet supérieure aux seuils de recommandation de l’Organisation mondiale de la santé (10 microgrammes par mètre cube d’air pour les PM 2,5) pour 90% des urbains, selon les concentrations observées par l’agence en 2011.

Cela représente aussi 33% de dépassements pendant 24 heures des seuils autorisés en Europe (25 µg/m3) pour ces particules principalement émises par la combustion du bois et des carburants comme le gazole.

Les concentrations d’ozone représentent le deuxième danger. 98% des populations urbaines ont été exposées en 2011 à des niveaux supérieurs aux seuils de recommandation de l’OMS.

Or ces deux polluants entraînent des problèmes respiratoires, des maladies cardiovasculaires et des décès précoces.

 

Des bébés plus petits à la naissance

Dernière en date, une étude européenne (1), publiée ce 15 octobre par la revue Lancet Respiratory Medicine, montre qu’une exposition même faible (inférieure aux normes européennes notamment) aux PM 2,5 d’une femme enceinte augmente les risques d’un faible poids de l’enfant à la naissance. Elle peut ensuite engendrer des problèmes respiratoires et des difficultés cognitives. Les chercheurs estiment qu’une hausse de 5 µg/m3 augmente de 18% le risque de faible poids à la naissance.

Cette piètre qualité de l’air se révèle aussi néfaste pour les écosystèmes. Les fortes concentrations d’ozone aggravent l’eutrophisation et l’acidification.

Le rapport de l’AEE, qui apporte aussi des informations pays par pays, montre que les zones rurales sont également exposées à de fortes concentrations de ces polluants.

 

Un coût sanitaire élevé pour la société

Au total, cette pollution atmosphérique engendre un coût sanitaire élevé, que le Commissariat général au développement durable (CGDD) a précisé dans deux rapports publiés en octobre. Le premier évalue entre 0,8 et 1,7 Md€ par an le coût de la pollution de l’air pour le système de soins français (consultations, soins, médicaments, hospitalisations, indemnités journalières).

Le second estime que l’ensemble des coûts de la seule pollution aux particules PM 2,5 oscille entre 20 et 30 Md€ par an. Une lourde facture pour la société.

(1) menée auprès de 74.000 femmes enceintes de 12 pays européens

http://www.eea.europa.eu/publications/air-quality-in-europe-2013



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