L’AIE salue le boom mondial du solaire

Le 04 octobre 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La capacité photovoltaïque mondiale a progressé de 50% en un an ! Un record.
La capacité photovoltaïque mondiale a progressé de 50% en un an ! Un record.
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Dans le rapport qu’elle publie ce mercredi 4 octobre, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) s’enthousiasme du développement des énergies renouvelables électriques, en général, et du photovoltaïque en particulier. Une dynamique qui devrait se poursuivre jusqu’à 2022. Au moins.

 

De mémoire d’analyste de l’AIE, on n’avait jamais vu ça! Entre 2015 et 2016, la capacité photovoltaïque mondiale a bondi de… 50%. A la fin de l’année passée, la puissance installée cumulée des centrales solaires atteignait, dans le monde, 74 gigawatts crête (GWc): l’équivalent des deux tiers du parc électrique français. «Pour la première fois, les mises en service d’installations photovoltaïques ont progressé plus vite que toutes les autres sources d’énergie», commentent les auteurs du rapport.

 

Un boom sans précédent. ‘Victime’ d’une baisse des tarifs d’achat chinois, l’éolien n’a progressé que d’une cinquantaine de GW, l’an passé. Soit 10 GW de plus que l’hydraulique. Au total, les énergies renouvelables électriques affichent une capacité cumulée globale de 2.134 GW (20 fois le parc français). En 2016, elles ont injecté sur les réseaux plus de 6.000 térawattheures (TWh) par an (+6% en un an). Un électron sur 4 dans le monde est désormais ‘vert’!

Les rouages de cette machine à battre les records sont connus. Après des décennies de blocage, les grands pays émergents (Inde et Chine en tête) mettent les bouchées doubles pour alléger le bilan carbone de leur système énergétique. Ce qui leur ouvre aussi de nouvelles perspectives économiques. A elle seule, la Chine consomme la moitié de la production mondiale de panneaux solaires. Et 60% des cellules photovoltaïques vendues l’an passé étaient d’origine chinoise.

Progrès technologique et production croissante continuent de faire chuter les coûts de production. Les résultats des derniers appels d’offres internationaux affichent des coûts de production de l’électricité inférieur à 30 dollars le mégawattheure ($/MWh): trois fois inférieurs aux réacteurs EPR qui seront construits au Royaume-Uni.

Progression de 43% en 5 ans

Cette incroyable dynamique va-t-elle se poursuivre? Oui, répond sans hésiter l’agence de l’OCDE. Et plus rapidement que prévu. Dans son rapport, l’AIE estime que les capacités d’énergies renouvelables électriques vont croître de 43% entre 2017 et 2022[1]. Une progression toujours tirée par la baisse des prix (notamment pour le photovoltaïque) et par les politiques climatiques nationales: les NDC, publiées avant la COP 21.

Dans 5 ans, le parc mondial pourrait dépasser les 3.000 GW et produire plus de 8.100 TWh/an[2]: l’équivalent des consommations de la Chine, de l’Allemagne et de l’Inde réunies.

Plus vite que le charbon

Avec 56% de la production mondiale[3], l’hydroélectricité resterait la première source de production d’électricité renouvelable, devant l’éolien (22%), le photovoltaïque (11%) et la biomasse (9%). «La capacité renouvelable va progresser de près de 1.000 GW d’ici 2022, ce qui est la moitié de la capacité totale des centrales au charbon que l’on a construit en 80 ans», commente Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE. A elle seule, la capacité solaire sera supérieure à la puissance totale du parc de production japonais.

Plusieurs bonnes surprises à noter dans ces projections. D’abord, la volonté désormais avérée du gouvernement indien de développer les énergies vertes, à commencer par le solaire. Ces 5 prochaines années, New Delhi pourrait accroître de 107 GW ses capacités renouvelables, devançant ainsi l’Union européenne (106 GW). De quoi satisfaire la présidente de l’Alliance solaire internationale: une certaine Ségolène Royal.

Marché américain

Malgré les velléités présidentielles de relancer l’industrie charbonnière, les Etats-Unis resteront un marché très ouvert aux ENR. Motivée par des aides fiscale, des législations imposant aux électriciens de fournir de l’électricité d’origine renouvelable et les achats massifs de grands acteurs économiques (Apple), la demande pour l’éolien en mer et le photovoltaïque reste forte, souligne l’AIE.

Le quinquennat devrait voir exploser la production d’électricité hors réseau. D’ici 2022, les pays d’Afrique et d’Asie pourraient mettre en service 3.000 MWc (trois fois plus qu’aujourd’hui) de petites centrales solaires alimentant directement des communautés non raccordées à des réseaux de distribution d’électricité.

L’accroissement des renouvelables ne sera pas sans effet sur les… transports. En 2022, 26% du courant consommé par les véhicules électriques sera produit par les barrages, les éoliennes ou les centrales solaires, contre 22% actuellement. Ce qui portera à 5% la part des énergies renouvelables utilisées par le secteur du transport. Encore des progrès en perspective!



[1] L’an passé, l’AIE estimait cette croissance à 31% pour la période considérée.

[2] Soit 29% du courant mondial, contre 24% aujourd’hui.

[3] Contre 69% en 2016.

 



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