L’AIE met l’accent sur l’efficacité énergétique

Le 22 octobre 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Isoler pour moins consommer.
Isoler pour moins consommer.
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L’agence de l’OCDE rappelle les vertus écologiques, sanitaires et financières des économies d’énergie. Et enjoint la communauté mondiale à investir massivement dans l’efficacité énergétique.


Business as usual. Deux semaines après la publication du rapport spécial du Groupe d’experts international sur l’évolution du climat (Giec), le soufflé médiatique est retombé. Et avec lui, les perspectives de décarbonation de notre économie. Dynamisées par la reprise de la demande d’énergie chinoise, les émissions carbonées mondiales devraient de nouveau repartir à la hausse cette année. Annoncée il y a quelques jours par le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), cette inflation intervient après une hausse annuelle de 1,4% des émissions qui a mis fin à trois années de quasi-stagnation.

économies d'émissions carbonées
Comment expliquer de telles contreperformances? En grande partie par le manque d’appétence des gouvernements pour les politiques d’économies d’énergie. Pardon, d’efficacité énergétique. Celles-ci se montrent souvent efficaces, en témoigne une étude que l’AIE a publiée la semaine dernière. Dans son rapport, l’agence de l’OCDE rappelle que, sans elles, la planète consommerait 12% d’énergie en plus pour satisfaire à ses besoins. Et émettrait environ 4 milliards de tonnes de CO2 en plus par an qu’aujourd’hui.

le contre-exemple des SUV

Hélas, le résultat de ces normes, standards et autres réglementations est largement compensé par l’accroissement de l’activité économique, notamment dans des pays où le tissu industriel reste énergivore (Chine, Inde, Indonésie, Mexique) et par l’utilisation accrue de moyens de transport peu économes. Un exemple: les ventes de Sport Utility Vehicles (SUV). Ces pick-up et autres 4x4 urbains sont particulièrement gourmands, ce qui ne ternit en rien leur image chez les consommateurs.
En 2014, les SUV représentaient un tiers des ventes de véhicules neufs dans le monde. Cette proportion a dépassé les 40% en 2017. Cette même année, le transport aérien a battu des records de transport de passagers. Malgré la hausse des cours de l’or noir, il n’est donc pas surprenant que la demande mondiale de pétrole ait progressé de 1,6% entre 2016 et 2017. Du jamais vu depuis le début de la décennie.

PErspectives prometteuses
Que d’énergie gaspillée, pourtant! Selon les experts de l’institution basée à Paris, la mise en œuvre des standards d’efficacité énergétique les plus sévères aurait permis de réduire de 2% la consommation de pétrole et de 16% la demande mondiale en électricité. De quoi sensiblement réduire les émissions de polluants locaux, de gaz à effet de serre (GES). Sans oublier le montant de la facture. Et les perspectives sont encore plus prometteuses.
Largement basé sur la généralisation des meilleures technologies disponibles et des normes de consommation les plus sobres, le scénario du monde économe (EWS) de l’AIE estime pouvoir stabiliser à son niveau actuel notre consommation d’énergie finale, alors que le PIB mondial devrait doubler d’ici à 2040.

500 milliards de dollars par an

Pareille fermeture de la vanne aux térawattheures (TWh) réduirait sensiblement le poids financier de notre demande d’énergie. A elles seules, l’Inde et la Chine pourraient ainsi réduire de 500 milliards de dollars par an le coût de leurs importations d’énergies fossiles. Côté climat, l’impact ne serait pas négligeable. La sobriété énergétique, prônée par l’AIE, stabiliserait la demande d’énergie carbonée dès 2020 et réduirait de 12% nos émissions mondiales entre 2018 et 2040.

Soit près de la moitié de l’effort à accomplir durant ces deux décennies pour stabiliser le réchauffement à 2°C. En réduisant d’un tiers les rejets planétaires de particules fines (PM 2,5), d’oxydes d’azote et de dioxyde de soufre, le système énergétique améliorerait sensiblement la qualité de l’air. Avec d’importants bénéfices sanitaires à la clé.

voiture électrique et hybride
Concrètement, que faire? L’AIE propose de poursuivre à grande vitesse la décarbonation des véhicules terrestres, notamment en dynamisant les marchés de la voiture électrique et hybride. A charge pour les politiques, toujours, de mettre en œuvre des mesures d’incitation à l’acquisition de logements ou de bureaux à petit appétit de kilowattheures (kWh).

Alors que certains secteurs industriels énergivores, la sidérurgie par exemple, devraient naturellement se doter de technologies économes et peu émettrices, les secteurs faiblement intensifs en énergie (agroalimentaire, textile) pourraient pratiquement doubler leur volume de production, d’ici à 2040, sans accroître leur consommation d’énergie, notamment en se dotant des moteurs électriques les plus performants.

bon pour l'investissement

Bon pour le climat de la terre et la santé de ses habitants, cette batterie d’initiatives aurait aussi le mérite de contribuer à l’investissement. La mise en pratique de l’EWS nécessite d’investir un peu plus d’un millier de milliards de dollars par an en moyenne entre aujourd’hui et 2040: 5 fois le montant facturé en 2017.



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