L'AIE confirme ses noirs scénarios

Le 12 novembre 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Budget carbone mondial 2013
Budget carbone mondial 2013
AIE

Publié ce mardi 12 novembre, le rapport annuel de l’Agence internationale de l’énergie confirme un réchauffement de 3,6°C d’ici la fin du siècle. Si nous ne faisons rien de plus, évidemment.

Les années se suivent et se ressemblent. L’adage vaut particulièrement pour la futurologie énergétique, un peu, et surtout climatique. Comme chaque année à pareille époque, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) publie son rapport de prospective. Pesant ses quelque 700 pages, la mouture 2013 n’est pas plus rassurante que la précédente.

Malgré les engagements des uns et des autres à améliorer son efficacité énergétique, réduire sa consommation de kilowattheures ou de tonnes équivalent pétrole (TEP), et d’alléger son empreinte carbone, l’avenir de la planète reste désespérément noir de carbone.

Une consommation qui augmente d’un tiers

L’appétit d’énergie reste croissant. Entre 2011 et 2035, l’AIE prévoit une hausse de 30% de la consommation, toutes énergies confondues. L’essentiel de cette hausse (90%) provient du fort développement de l’Asie (Chine et Inde, en tête) et du Moyen Orient. A ce propos, l’institution parisienne estime que cette dernière région sera le second consommateur mondial de gaz, dès 2020, et le troisième consommateur de pétrole, 10 ans plus tard.

La satisfaction des besoins grandissant de la Chine et de l’Inde, le développement rapide de l’autoconsommation des pays du Golfe et le déclin accéléré (6%/an) des champs ayant passé leur pic de production vont nourrir le besoin d’exploiter les hydrocarbures non conventionnels. Leur production devrait doubler d’ici 2035. Ils fourniront alors un tiers de la production d’huile, contre 20% actuellement.

Cette recherche à tout crin de gisements nouveaux va dynamiser les activités d’exploration. Cette année, affirment les statisticiens de l’organisation de l’OCDE, les compagnies pétrolières consacreront 700 milliards de dollars (521 Md€) à percer des trous. Un record qui devrait être battu ces prochaines années, rappelait récemment une étude de l’Institut français du pétrole et des énergies nouvelles.

37 milliards de tonnes de CO2 par an

Les compétences des géologues seront aussi très précieuses aux compagnies minières. Car malgré sa mauvaise presse, le charbon restera l’énergie reine pour la production d’électrons. Certes, sa part dans le mix diminuera (de 41% à 33% de la production de courant), mais sa production mondiale doit croître de 17% pour satisfaire les besoins des électriciens.

Les énergies décarbonées prospéreront, elles aussi. Le nucléaire devrait maintenir ses positions actuelles: 12% de l’énergie électrique produite dans le monde. En revanche, les énergies vertes devraient contribuer pour 31% du mix planétaire, contre 20% en 2011. Ce qui supposera probablement de leur transférer une partie des subventions accordées pour la consommation d’énergies fossiles (544 Md$ -405 Md€- en 2011).

Avec cette chronique d’une noirceur annoncée, notre bilan carbone va sérieusement s’alourdir. Dans le meilleur des cas, les émissions du secteur énergétique devraient progresser de 20%, culminant à plus de 37 milliards de tonnes par an à l’horizon 2035.

Dit autrement, nous sommes sur la voie d’un réchauffement de 3,6°C d’ici la fin du siècle. Ce qui ne semble pas avoir ému les milliers de participants au 19e sommet climatique mondial, qui s’est ouvert ce matin à Varsovie.

 

 

Profitant de l’ouverture de la conférence de Varsovie, CDC Climat publie son traditionnel Chiffres clés du climat. Petite nouveauté: l’édition 2014 présente l’évolution des émissions tricolores, en prenant en compte les importations. Instructif. Globalement, les émissions tricolores ont diminué de 13%, entre 1990 et 2011, indique l’opuscule. A moins, bien sûr que l’on intègre les émissions des produits made in ailleurs, tout en déduisant celles des biens fabriqués dans l’Hexagone puis exportés. Là, tout s’inverse. En prenant cette approche «Empreinte», la France voit ainsi ses rejets de GES progresser de 14,2% entre 1990 et 2007. Trop d’importations, sans doute.


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