L’agriculture urbaine, une importante force d’appoint

Le 11 janvier 2018 par Romain Loury
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Agriculture sur les toits
Agriculture sur les toits

L’agriculture urbaine pourrait fournir entre 5% et 10% de la production mondiale de légumes, confirment de premières perspectives à l’échelle mondiale publiées dans la revue Earth’s Future.

Marginale mais en expansion, l’agriculture urbaine a de l’avenir devant elle. Pour la première fois, une équipe de chercheurs a estimé son potentiel au niveau mondial, en termes de production alimentaire mais aussi d’un point de vue environnemental et financier. Une voie qu’ils jugent prometteuse, mais avant tout en appui à l’agriculture rurale.

S’appuyant sur des données satellitaires, l’équipe de Peng Gong, de l’Institut d’étude des changements globaux) à l’université Tsinghua (Pékin), estime qu’au vu de l’espace qui pourrait être alloué à l’agriculture urbaine, celle-ci pourrait produire entre 98 et 178,3 millions de tonnes de produits alimentaires par an. Ce qui équivaut tout de même à environ 5% à 10% de la production annuelle mondiale de légumes.

De même, cette production pourrait rapporter des bénéfices compris entre 78,6 et 150,1 milliards de dollars par an, soit 5% à 10% de ceux rapportés par les cultures mondiales, en excluant les céréales.

Usage de l’eau, économies d’énergie

L’agriculture urbaine aurait bien d’autres retombées positives: primo, elle éviterait la perte d’eau de pluie, dont entre 45 à 57 milliards de mètres cubes par an seraient requis. Deuxio, elle engendrerait des économies d’énergie (de 14 à 15 milliards de kilowatts-heure par an, l'équivalent de 3% de la production d'électricité française), en raison de l’effet isolant des sols agricoles sur les toits.

Les chercheurs ont même estimé la quantité d’azote atmosphérique que l’agriculture urbaine permettrait de séquestrer: entre 100.000 et 170.000 tonnes par an. Ce qui n’équivaut qu’à environ 0,2% de l’usage mondial des engrais azotés.

«Bien que les bénéfices potentiels soient modestes, la production alimentaire et les revenus générés par l’agriculture urbaine pourraient tout simplement faire la différence entre la survie et la famine», commentent les chercheurs. Les résultats varient «selon le contexte et la géographie: dans les pays développés, l’agriculture urbaine permettrait de fournir des aliments produits localement et rentables; dans les pays tempérés, elle réduirait la facture énergétique, tandis qu’elle optimiserait l’usage de l’eau dans les pays tropicaux».

Les Etats-Unis seraient en première position

Sans surprise, c’est dans les grands pays urbanisés que les bénéfices sont les plus marqués: en premier, les Etats-Unis, qui disposeraient d’un réservoir de 2 millions d’hectares disponibles pour l’agriculture urbaine, suivis par la Chine (1,4 million d’hectares), le Brésil, l’Inde, la Russie, l’Allemagne et le Japon.

En termes de production annuelle, les Etats-Unis pourraient atteindre 40 millions de tonnes par an, la Chine 20 millions de tonnes. Si les chiffres ne sont pas détaillés pour d’autres pays, l’Europe, en particulier la France et l’Allemagne, dispose aussi d’un important gisement devant elle.



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