L'agriculture «pacifique» nouvelle venue au salon de l’agriculture

Le 01 mars 2005 par Christine Sévillano
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Plus radicale que l'agriculture biologique, l'agriculture pacifique, tout droit sortie d'Allemagne et représentée par deux associations, est présente sur le salon de l'agriculture où elle vend des produits exempts de pesticide, de fumier ou d'herbicide. Ses partisans veulent demeurer indépendants.

L'agriculture pacifique est issue des activités de deux associations allemandes qui affirment aller au-delà des cahiers des charges à respecter pour réaliser des produits biologiques. "Pacifique, car nous ne travaillons pas contre la nature mais avec elle", explique Danielle Reyt, responsable d'un magasin qui vend les produits de cette agriculture près de Francfort. Ce n'est donc pas un label, même si ces partisans se battent pour le faire reconnaître comme tel.

Ainsi une vingtaine d'agriculteurs, basée au nord de la Bavière et réunie au sein de l'association "Gutzumleben", (littéralement en français "bon à vivre"), cultive des céréales, des fruits et des légumes de manière naturelle depuis près de vingt ans. "Ils pratiquent la jachère afin que le sol puisse se régénérer au bout de deux ans de culture et ce, sans rien retirer. En outre, ils n'utilisent pas de purin ni de fumier sur les sols pour ne pas les abîmer", poursuit Danielle Reyt. Ces substances animales seraient en effet des transformateurs des minéraux et des micro-organismes qui paradoxalement assurent la bonne qualité du sol. "Nous rajoutons d'ailleurs des minéraux comme du sel de roche et des préparations à base de plantes, ce qui joue un effet dopant sur le sol et nous évite d'avoir recours aux pesticides", affirme la responsable de magasin. Les agriculteurs pratiquent un labour léger et peu profond et apportent comme matière organique des céréales, des graines de tournesol ou des restes végétaux. Autre usage abandonné: les herbicides. Les herbes fauchées sont laissées sur le sol et se transforment en humus.

Une seconde association, "lebegesund" ("vivre en bonne santé"), s'occupe de transformer et de vendre les produits issus de cette agriculture. La distribution s'effectue dans quelques magasins en Allemagne et par correspondance. Mais l'organisation ne veut pas travailler avec les industries agroalimentaires. "Non seulement il faudrait fournir des quantités trop importantes pour les approvisionner, mais nous ne voulons pas nous faire dicter une politique de prix irrespectueuse des agriculteurs pacifiques", explique Christian Periat, responsable du développement pour la France. Ils craignent en effet que s'exercent des pressions sur les prix, alors qu'ils décident des coûts eux-mêmes au sein de l'organisation, en tenant compte notamment des coûts de production plus élevés. Outre cet inconvénient, leur démarche a un prix: les agriculteurs doivent faire face à des rendements plus faibles, que Danielle Reyt estime six fois moindres que ceux de l'agriculture traditionnelle et deux fois inférieurs à ceux de la filière biologique.

Faute de reconnaissance du label "pacifique", les produits issus de cette agriculture sont reconnus comme biologiques. Les deux organisations rassemblent environ 300 personnes et les cultures s'étendent sur près de 1.000 hectares. Elles n'ont pas communiqué leur chiffre d'affaires.




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