L’agriculture mondiale, une cause pas encore perdue

Le 11 octobre 2018 par Romain Loury
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Une agriculture peu durable
Une agriculture peu durable
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Nourrir la planète, quitte à la détruire? Tel est le défi qui semble actuellement se poser à l’agriculture mondiale. Or selon une étude publiée mercredi 11 octobre dans la revue Nature, sécurité alimentaire et respect de l’environnement ne sont pas irréconciliables. A condition de changer nos régimes alimentaires et de freiner fortement le gaspillage.

En 2050, la Terre pourrait compter 10 milliards d’habitants, contre 7 milliards actuellement. Plus de bouches à nourrir, mais aussi de plus exigeantes. En particulier dans les pays émergents, où le régime alimentaire s’occidentalise, accordant plus de place aux produits d’origine animale, à l’impact environnemental plus marqué.

Déjà source de nuisances importantes (émissions de gaz à effet de serre, perte de biodiversité, déforestation, pollution chimique, surconsommation d’eau, etc.), l’agriculture pourrait donc devenir de moins en moins durable. A moins que…

Dans leur étude, Marco Springmann, de l’université d’Oxford, et ses collègues, avancent qu’il est possible d’imaginer une agriculture 2050 plus en phase avec les limites planétaires.

Des émissions en hausse de 87%

Sans aucun changement, l’agriculture mondiale verrait ses émissions de gaz à effet de serre croître de 87% en 2050 par rapport à 2010. Le besoin de terres agricoles y sera accru de 67%, l’usage d’eau de 62%, l’application d’engrais phosphorés de 54%, celle d’engrais azotés de 51%.

Comment empêcher cela? En agissant sur plusieurs fronts: diminution du gaspillage alimentaire (qui affecte actuellement un tiers de la production mondiale), régime flexitarien (limitant fortement la place des produits d’origine animale), rationalisation de l’utilisation d’engrais et d’eau.

«Aucune solution isolée n’est suffisante pour empêcher le franchissement des limites planétaires. Mais quand elles sont mises en place ensemble, notre étude montre qu’il serait possible de nourrir de manière durable une population croissante», sans franchir les limites planétaires, explique Marco Springmann.



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