L’Agence internationale de l’énergie y croit encore

Le 23 juin 2006 par Laure Pollez
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Un an après une commande du G8, l’Agence internationale de l’énergie rend sa copie. A la question «est-il possible d’allier développement économique et préservation du climat?», l’agence répond par l’affirmative, mais à condition d’agir vite et de manière significative.

Il ne faudra pas dire que nous n'avions pas le choix. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a présenté jeudi 22 juin un rapport sans équivoque: à condition de s'en donner les moyens, un avenir soutenable en termes d'énergie et d'effet de serre est encore à notre portée. Les technologies existent, reste à les développer, ce qui demande une volonté politique forte et affirmée. Il est temps également de coopérer avec les pays en développement sur ces questions, eux qui seront, à moyen terme, les premiers concernés par l'augmentation des besoins énergétiques. L'AIE plaide à ce sujet pour une coopération «sans précédent».

Le constat dressé par l'AIE est cinglant: le monde est engagé dans un développement insoutenable du point de vue énergétique. Un oeil sur l'évolution du prix du pétrole suffit pour se rendre compte de la pression exercée sur les ressources actuellement mobilisées. Surtout, les tendances actuelles nous préparent un enfer écologique: les émissions de CO2, qui ont augmenté de 20% depuis 10 ans, pourraient être multipliées par 2,5 d'ici 2050 (soit 137% de hausse en 50 ans), du fait notamment de l'accélération des émissions générées par la production d'électricité, le transport et le raffinage.

Cependant, le pire n'est pas certain. Selon l'AIE, des scénarios alternatifs sont possibles. Pour cela, il est «urgent» de passer à l'action, précise George Mandil, directeur de l'AIE, afin d'éviter de mettre en place une nouvelle génération d'infrastructures inefficaces. L'agence propose donc un scénario exemplaire baptisé ACT (acronyme anglais pour «accelerated technology»). Il suppose un effort estimé à 25 dollars par tonne d'émission de CO2 évitée, soit le coût moyen de la tonne de carbone sur le marché européen en 2005, rappelle Gorge Mandil.

Les deux pivots d'action sont l'efficacité énergétique et la «décarbonisation» de la production d'électricité. La première suppose de faire plus avec moins: actuellement, l'efficacité énergétique s'améliore de 1,4% par an. Pour l'AIE, il faudrait passer à un rythme annuel de 2%, ce qui permettrait notamment d'économiser la moitié des besoins futurs en électricité. Selon l'agence, qui a précisément étudié toutes les possibilités de progrès dans les différents pays et les différents secteurs d'activité, les marges de manoeuvre sont importantes, aussi bien dans les pays en développement que dans les pays développés (dont les progrès en la matière ont récemment ralenti).

Il est par exemple possible d'améliorer l'efficacité énergétique de 70% dans le bâtiment, en développant les chaudières à meilleur rendement, l'isolation renforcée, l'électroménager à basse consommation et l'évitement de la veille (qui représenterait 10% de la consommation résidentielle d'électricité dans les pays de l'OCDE).

Pour «décarboniser» la production d'électricité, l'AIE recommande la capture du CO2 dégagé, notamment par le charbon et le gaz naturel, dont les émissions peuvent être quasiment annulées. Evidemment, les énergies renouvelables sont un autre outil majeur. L'AIE appelle à multiplier leur utilisation par 4 d'ici 2050. Le nucléaire est également cité parmi les solutions, «dans les pays où il est acceptable» précise prudemment l'agence.

Elle avance même quelques hypothèses fondées sur le développement de l'énergie liée à l'hydrogène, notamment dans les carburants. Ce scénario Tech plus aboutit à une réduction de 16% des émissions de CO2 dès 2050. L'AIE précise que ce scénario est peu vraisemblable mais qu'il anticipe ce qu'il faudra entreprendre après 2050. Afin de parvenir à stabiliser la concentration de CO2 dans l'atmosphère, il s'agira alors de «décarboniser» les transports.



Fidèle à son habitude, l'AIE affirme que «c'est le secteur privé qui fournira les changements requis.» Mais elle ajoute: «Le marché seul n'atteindra pas tous les objectifs, les gouvernements ont un rôle majeur à jouer par le soutien à la recherche et l'incitation économique».

Ce rapport est censé faire école. Il répond à une sollicitation du G8 dont le prochain sommet est prévu mi-juillet à Saint-Pétersbourg. En 2005, à Gleeneagles (Ecosse), les dirigeants des pays les plus industrialisés de la planète avaient souhaité s'engager dans un développement durable. L'agence affirme avoir trouvé le mode d'emploi. Reste à voir ce qu'ils en feront.




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