L’Afsset fait son bilan 2006

Le 17 septembre 2007 par Agnès Ginestet
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Lors d’une conférence de presse organisée le 13 septembre, l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) a exposé les grandes lignes des travaux d’expertise qu’elle a menés en 2006. Pesticides et fibres minérales faisaient et font toujours partie des priorités.

«L'année 2006 a été une année de transition, nous sommes passés d'une vision de la santé liée à l'environnement à celle de la santé liée à l'ensemble des milieux dans lesquels nous évoluons tout au long de notre vie, notamment dans le travail», a déclaré Michèle Froment-Védrine, directrice de l'Afsset. La santé au travail est en effet entrée dans les attributions de l'agence l'année dernière. Un contrat d'objectifs et de moyens 2008-2011 a alors été signé avec l'Etat, qui a «consacré l'agence comme tête de réseau». 21 établissements tels que l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) en font partie.

Dans le courant 2006, l'Afsset a été saisie 11 fois par les ministères chargés de la santé, du travail et de l'environnement, notamment pour une évaluation des risques liés à l'utilisation des produits insecticides d'imprégnation des moustiquaires et des vêtements dans le cadre de l'épidémie de chikungunya sur l'île de la Réunion. Par ailleurs, 5 saisines ont donné lieu à des rapports ou avis, dont l'un concerne les effets des nanomatériaux sur la santé de l'homme et sur l'environnement.

Les fibres minérales font partie des thèmes importants de l'année 2006 pour l'Afsset, qui a rendu un avis sur ce sujet. Elle a par ailleurs reçu une demande ministérielle concernant la caractérisation de la distribution granulométrique des fibres selon les circonstances d'exposition et la nature de l'amiante, ainsi que l'évaluation des risques pour la santé liés à une exposition aux fibres courtes et aux fibres fines d'amiante non prises en compte dans la réglementation actuelle.

Autre thème prépondérant pour l'agence: les pesticides. Un site internet dédié à l'Observatoire des résidus de pesticides a été lancé en 2006, et un comité d'orientation et de prospective scientifique mis en place. L'Afsset est par ailleurs chargée de la coordination administrative et scientifique de l'évaluation des dangers et des risques des biocides pour la santé humaine et l'environnement, et de l'évaluation de leur efficacité pour les dossiers proposés à la France dans le cadre d'une directive (1). En 2006, environ 10 dossiers ont été déposés, et ce chiffre est en augmentation en 2007. «Il ne faut plus développer de substances qui soient des chlordécone ou des lindane», a précisé Michèle Froment-Védrine.

De nombreux travaux sont en cours à l'Afsset, comme l'étude des cycles de vie des substances utilisées dans les nanomatériaux. Une saisine sur les rayonnements non ionisants est prolongée. «Elle consiste à remettre à jour les résultats de l'Afsset de 2003 et de 2005 en s'adaptant aux nouvelles technologies, comme le wifi», a indiqué Olivier Merckel, du département expertises en santé environnement-travail (2). «Ce sujet est controversé. Il est très difficile de caractériser les expositions et de les mesurer (…) C'est un sujet complexe car du domaine de l'émotionnel. Les ondes ont toujours provoqué des peurs», a ajouté Michèle Froment-Védrine.

Enfin, la directrice de l'Afsset a insisté une nouvelle fois à sur le manque de toxicologues expérimentés en France. «Il faut que l'Education nationale ouvre des formations», a-t-elle indiqué.



(1) Directive du Parlement européen et du Conseil n° 98/8/CE du 16 février 1998 concernant la mise sur le marché des produits biocides

(2) Voir l'article du JDLE: «Le wifi entraîne-t-il des risques pour la santé?»





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