L’Afrique tropicale, un puits de carbone devenu source

Le 29 août 2019 par Romain Loury
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Au Congo, la plus grande tourbière au monde
Au Congo, la plus grande tourbière au monde
Simon Lewis- University of Leeds

Si elle était un pays, l’Afrique tropicale serait désormais le deuxième émetteur de CO2 au monde, derrière la Chine, selon une étude publiée en août dans Nature Communications. Frappée par une intense déforestation, cette zone ne joue désormais plus son rôle de puits de carbone, mais contribue massivement au réchauffement.

Dans une étude publiée fin juillet, des chercheurs français et danois avaient montré que les zones tropicales (Asie, Afrique et Amérique du sud), ne jouaient plus leur rôle de puits de carbone, avec un bilan carbone quasi-nul au cours de la période 2010-2017. Pour montrer cela, l’équipe avait recouru à une méthode permettant de mesurer les stocks de carbone par analyse satellitaire de la végétation, dans sa partie non racinaire.

Une nouvelle étude publiée en août dans Nature Communications, signée par Paul Palmer, du National Centre for Earth Observation d’Edimbourg (Royaume-Uni), et ses collègues, révèlent des résultats encore plus préoccupants, cette fois-ci pour l’Afrique. Les chercheurs ont utilisé les données des satellites japonais GOSAT et américain OCO-2, qui permettent de mesurer directement les émissions de CO2.

El Niño, déforestation, incendies

Au lieu du bilan nul constaté par la première étude, ces nouveaux travaux montrent au contraire que l’Afrique tropicale est devenue un intense émetteur de CO2, à raison de 5,4 milliards de tonnes de CO2 (GtCO2) en 2015 et de 6 GtCO2 en 2016. Soit plus que les Etats-Unis (5,27 GtCO2 en 2017), mais derrière la Chine (9,84 GtCO2 en 2017), selon le site Global Carbon Atlas.

Selon les chercheurs, ces fortes émissions africaines pourraient être liées à l’intense épisode El Niño qui a sévi en 2015, ainsi qu’à la déforestation et aux incendies visant à faire place nette pour l’agriculture. La situation varie toutefois d’un endroit à l’autre: le bassin du Congo, qui recèle la plus importante tourbière au monde (équivalant à 20 ans d’émissions étatsuniennes), demeure un puits de carbone, tandis que l’Ethiopie et l’Afrique occidentale sont de forts émetteurs.



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