L’AFD va renforcer la climato-conditionnalité de ses financements

Le 16 novembre 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg, envoyé spécial
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Ne plus financer de projets climaticides.
Ne plus financer de projets climaticides.
VLDT

La banque française fait évoluer ses critères de sélection des projets. Ce sera l’une des annonces du sommet parisien sur les finances climatiques du 12 décembre prochain.

L’Agence française de développement (AFD) a été l’une des premières banques du monde à spécifiquement financer des projets de lutte contre les changements climatiques et leurs conséquences.

En 2015, elle s’est même fixé comme objectif de consacrer la moitié de ses financements à des projets aussi utiles pour le développement que pour la lutte contre le réchauffement. Elle entend aller plus loin.

Compatibilité avec l’Accord de Paris

Esquissée lors de la COP 23 par son directeur général Rémy Rioux, la nouvelle stratégie climatique de l’AFD devrait être approuvée la semaine prochaine par son conseil d’administration.

Sans rien changer à l’engagement pris en 2015, la banque française entend se fixer de nouvelles contraintes, pour les projets ‘non climatiques’. «Il ne s’agit pas d’arrêter de financer des projets qui n’ont pas d’effet direct sur l’atténuation ou l’adaptation, explique Damien Navizet, mais de rendre tous ces projets compatibles avec les buts poursuivis par l’Accord de Paris.»

Comment s’assurer que la construction d’une école ou l’organisation d’une campagne de vaccination «entre dans les clous»? Pas simple, convient le chef de la division Climat de l’AFD. Pour contourner la difficulté, tous les projets seront désormais audités par une équipe de la banque, indépendante des experts maison directement impliqués.

Evolution vers le bas carbone

«Les critères pourront évoluer d’un pays à l’autre. Mais il s’agit surtout de s’empêcher de financer des opérations dégradant le bilan carbone des pays, mais aussi des projets verrouillant pour longtemps toute évolution vers le bas carbone.» Exit aussi les programmes qui renforceraient les risques climatiques encourus par le bénéficiaire. «Plus question, par exemple, de contribuer au développement d’une culture nécessitant une importante irrigation dans un pays où l’eau va se raréfier.» Terminé également le financement d’infrastructures dans des lieux «exposés à la violence des éléments».

Ambitieuse, cette stratégie a trois objectifs: renforcer les financements ‘Climat’ directs et indirects, faciliter la transition bas carbone des pays en développement et susciter des vocations parmi les autres membres de l'International development finance club, le forum des banques de développement. Aréopage présidé par Rémy Rioux, depuis quelques semaines.



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