L’AEE fustige les politiques européennes de gestion d’eau

Le 15 mars 2012 par Stéphanie Senet
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Bruxelles prépare un plan de sauvegarde des eaux
Bruxelles prépare un plan de sauvegarde des eaux

Un rapport, publié le 13 mars par l’Agence européenne de l’environnement (AEE), alerte sur la nécessité d’utiliser l’eau d’une manière plus rationnelle.

Cinq secteurs sont particulièrement gourmands en Europe: l’agriculture, la production énergétique, l’industrie, l’approvisionnement en eau potable et les écosystèmes. Par ailleurs, le changement climatique fait peser un risque supplémentaire sur l’avenir de cette ressource. «Il est extrêmement important que l’Europe utilise de manière plus rationnelle les ressources en eau», met en garde Jacqueline McGlade, directrice exécutive de l’AEE.

Dans le détail, l’agriculture consomme un quart des ressources en eau européennes. Derrière cette moyenne, on observe des records de consommation dans certaines régions du Sud, où l’agriculture boit jusqu’à 80% des réserves. Le rapport de l’AEE avance plusieurs solutions pour optimiser les usages. Par exemple, l’irrigation pourrait réduire d’un quart ses prélèvements en changeant le type de tuyaux ou de canaux utilisés.

Les réseaux publics d’approvisionnement en eau potable avalent un cinquième des ressources européennes. Utiliser à bon escient les chasses est une autre source d’économie: elles représentent un quart de cette consommation. De même que la lutte contre les fuites, responsables dans certains pays de l’UE de la moitié de la «consommation» d’eau potable.

L’AEE alerte aussi sur une conséquence directe des prélèvements d’eau: la hausse de la consommation énergétique et son lot de coûts financiers et environnementaux. Ainsi, l’énergie nécessaire pour pomper et traiter l’eau douce en vue de la rendre potable est estimée à 0,6 kilowattheure par mètre cube. Pour dessaler l’eau de mer, c’est encore pire, 4 kWh/m3. L’Espagne est sur ce point montrée du doigt pour son fort recours au dessalement (1,6 million de m3 par jour). Lequel n’est pas sans effet sur le climat [JDLE].

Autre épée de Damoclès située au-dessus de la tête des gouvernants: les pénuries ponctuelles d’eau, y compris d’eau potable. Pour y faire face, les autorités publiques n’ont d’autre choix que de définir des objectifs environnementaux clairs, en fonction des ressources disponibles et des besoins des écosystèmes. En clair, souligne l’AEE, il est nécessaire de parvenir à un «découplage» entre la hausse de la productivité économique et la consommation d’eau.

L’agence, basée à Copenhague, explique la situation actuelle par les prix de l’eau en Europe, qui ont rarement reflété le véritable coût de l’approvisionnement ni intégré les externalités environnementales. C’est ce qui a conduit à accroître certaines pollutions ainsi que la rareté des ressources en eau. «Le grand public doit généralement payer le prix du traitement de l’eau potable contaminée par le secteur agricole ou industriel», notent les experts de l’AEE. Si le prix de l’eau reflétait son coût réel, cela encouragerait une utilisation plus rationnelle des ressources. Et pour obtenir ce coût réel, l’AEE recommande la mise en place de «taxes, subventions, mécanismes de marché et autres systèmes de tarification».

La Commission européenne devrait intervenir dans ce domaine avant la fin de l’année, un «plan de sauvegarde des eaux européennes» étant en effet au programme.



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