L’AEE donne l’alerte sur les zones côtières

Le 29 novembre 2013 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Posidonia Oceania régresse chaque année un peu plus en Méditerranée
Posidonia Oceania régresse chaque année un peu plus en Méditerranée

Vitales pour les écosystèmes aquatiques et marins, les zones côtières génèrent aussi 40% du PIB européen. Leur déclin a pourtant démarré, alerte un rapport publié le 28 novembre par l’Agence européenne de l’environnement (AEE) (1).

Le long des côtes européennes, l’état de la biodiversité bat de l’aile. C’est la première conclusion dressée par cette nouvelle étude de l’AEE. Le développement des aires protégées en Europe, encouragé par la directive Habitats (qui recense plus de 40 écosystèmes côtiers terrestres et 8 écosystèmes côtiers aquatiques et marins), ne suffit pas à endiguer les pertes enregistrées par les écosystèmes.

Seulement 7% des habitats côtiers affichent ainsi un état favorable. Les trois quarts sont considérés comme en mauvais état ou insuffisant. La situation des habitats marins n’est guère meilleure: 10% seulement connaissent un état favorable.

 

Habitats et espèces en danger

Prenons l’exemple de Posidonia oceania. Cette plante sous-marine capte, par photosynthèse, des millions de tonnes de CO2 par an. Bien accrochés au fond, ses herbiers préviennent l’érosion et servent d’habitat à des centaines d’organismes marins. Sous l’effet de la pollution, du développement de la plaisance et de la concurrence avec des espèces exogènes agressives (Caulerpa taxifolia), la posidonie recule vite. Depuis les années 1990, les surfaces d’herbe de Neptune diminue de 5% par an en Méditerranée.

D’autres espèces connaissent le même déclin. 98 espèces côtières et 52 marines sont désormais classées comme vulnérables. Parmi les plus emblématiques: la morue de la Baltique, dont les populations ont diminué de 6% depuis 1971.

Un cinquième du littoral européen est par ailleurs menacé par l’érosion côtière, qui peut atteindre jusqu’à 2 mètres par an et touche en particulier la Méditerranée et la mer du Nord.

 

Urbanisation, érosion, changement climatique

Ce phénomène a été aggravé par le développement de l’activité économique et de l’urbanisation. Sur les littoraux, la population atteint 206,2 millions de personnes, soit 40% des habitants des pays ayant un accès sur la mer en 2011. Le recul du trait de côte est aussi lié à l’apport décroissant de sédiments par les fleuves européens (baisse de 10% en moyenne par rapport aux volumes atteints dans les années 1950). Sans oublier le changement climatique, qui a déjà provoqué une montée du niveau de la mer. Selon des scientifiques britanniques et australiens, une hausse du niveau de 1,5 mètre entraîne dans son sillage la perte de 35% des zones humides côtières, elle-même pouvant provoquer la destruction de 60% des espèces.

«Si le littoral européen est vital pour l’économie, en participant à 40% du PIB de l’UE, le coût de sa dégradation devient très lourd. De nombreuses ressources sont désormais menacées en raison d’une gestion à court terme plutôt qu’à long terme. Il faut donc développer d’urgence les connaissances sur les moyens de s’adapter au changement climatique en particulier», commente Hans Bruyninckx, directeur exécutif de l’AEE.

 

(1)Ce rapport prend en compte les zones situées jusqu’à 10 kilomètres sur terre et jusqu’à 10 km en mer. Cela recouvre une superficie totale de 619.000 kilomètres carrés, sur 29 pays (les 23 Etats côtiers membres de l’Union européenne, ainsi que l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, l’Islande, le Monténégro, la Norvège et la Turquie.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus