L’Ademe veut un bilan carbone tous azimuts

Le 29 novembre 2007 par Claire Avignon
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Profitant du regain d’intérêt que le Grenelle a apporté à la comptabilisation des émissions de gaz à effet de serre, l’Ademe souhaite généraliser l’utilisation du bilan carbone. Elle évoque même, à terme, une normalisation Iso.

Les industriels de grandes, moyennes, petites, et très petites entreprises, les collectivités territoriales, l'administration centrale, les agriculteurs, et même les particuliers: le bilan carbone, lancé il y a 4 ans par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), cherche à s'adapter à un public de plus en plus divers. Et ce n'est pas fini. «Une 6e version sera prête pour la fin de l'année 2008», a annoncé Michèle Pappalardo, présidente de l'Ademe, lors d'une conférence de presse, mardi 27 novembre. Car cette méthode de comptabilisation des émissions de gaz à effet de serre (GES) qu'une entité peut utiliser pour l'ensemble de ses activités (process, transports du personnel, des marchandises, etc.) concerne potentiellement tout le monde.

Dernière innovation en date: un module calcule les impacts économiques de la hausse du prix des énergies fossiles ou de la mise en place d'une taxe carbone. Une manière pour les utilisateurs du bilan de mesurer leur «vulnérabilité» aux évolutions énergétiques; une manière pour l'agence de les inciter, toujours et encore, à restreindre leurs consommations énergétiques et à diminuer leur empreinte climat.

D'autres étapes sont encore à l'état de projet: un bilan carbone qui ciblera les sites universitaires devrait être prêt pour la rentrée 2008; un autre évaluera bientôt les émissions de GES des outils tels que les plans locaux d'urbanisme (Plu), les schémas de cohérence territoriale (Scot) et autres projets urbanistiques. «Cela se rapproche du bilan carbone déjà dédié aux collectivités et qui comporte un volet sur l'organisation du territoire», indique Michèle Pappalardo. Mais cette nouveauté ne sert pas à élaborer une photographie des rejets carboniques, elle est un outil d'aide à la décision «pour aller vers une mobilité plus durable».

L'Ademe projette également d'exploiter la banque de données du bilan carbone pour compléter les éco-comparateurs dans les transports, et aider à l'étiquetage des produits. Pour la présidente de l'agence, la France ira forcément «vers une comptabilité carbone de tous ses produits et de toutes ses actions», dans le sens où il s'agira d'une étape obligatoire pour accompagner les mesures de maîtrise de l'énergie décidées par le Grenelle, qu'elles soient incitatives ou coercitives.

C'est pour cette raison que le projet d'une généralisation d'autodiagnostics en ligne, à destination des petites et très petites entreprises qui n'ont pas les moyens de rémunérer un bureau d'études, va être lancé. «L'objectif n'est pas que toutes les entreprises produisent leur bilan carbone. Quand notre panel sera suffisamment large, les entités intéressées pourront s'approprier les résultats de celles qui se rapprochent le plus de leur profil», explique ainsi Michèle Pappalardo.

L'ambition de l'Ademe ne s'arrête pas là, puisqu'elle cherche même à donner une reconnaissance mondiale au bilan carbone qu'elle considère comme un outil unique, du fait d'un décompte global des émissions, et non uniquement ciblé sur les process industriels. Toutefois, l'agence reste prudente: «Le processus de normalisation, international (Iso) ou européenne (CEN), est toujours très long, il faut d'abord trouver des partenaires étrangers», explique Michel Rochet, directeur de la direction clients.

D'ici là, l'Ademe devra transformer le bilan carbone en succès français. La route est encore longue: jusqu'à présent, seuls 600 bilans lui ont été signalés. Un petit coup de pouce réglementaire sera-t-il donné par le ministère chargé de l'environnement? Rien n'est encore sûr.




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