L’Ademe relance la régénération des huiles usagées

Le 20 octobre 2004 par Loïc Chauveau
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Les huiles usagées collectées dans les garages automobiles, les usines et les déchetteries sont trop souvent mélangées à des corps étrangers qui empêchent leur recyclage. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) relance l’information sur les bonnes pratiques.

En 2003, 241.000 tonnes d'huiles usagées ont été collectées par 50 ramasseurs spécialisés dans les déchets de l'automobile. 43% de ce volume ont été recyclé pour produire en fin de process 42 000 tonnes d'huile régénérée. Le reste est parti en incinération, principalement dans les cimenteries. Même si cette utilisation en combustible a permis d'économiser 130 000 tonnes-équivalent-pétrole (tep) de combustibles fossiles, il reste que le taux de recyclage est considéré comme trop faible par l'Ademe : « d'autant plus qu'il est aberrant économiquement d'incinérer des produits qui n'ont pas donné lieu à versement de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) », déplore Lydie Ougier, ingénieur en charge du dossier à l'Ademe. En effet, si ces huiles ne sont pas régénérées, c'est qu'elles sont mélangées à d'autres produits comme les huiles alimentaires ou des solvants divers pour lesquels aucune taxe n'a été prévue pour leur élimination. Impures, les huiles usagées ne peuvent passer par l'usine Eco huile de Lillebonne (Seine Maritime), seule entreprise en France à recycler ce produit. Les garagistes se relâchent dans leurs efforts, constatent les collecteurs : « les huiles collectées dans les garages sont souvent mélangées à de l'eau, des liquides de refroidissement ou à des solvants, déplore Jean-François Carbonne, président du syndicat professionnel du ramassage d'huiles usagées. Et les huiles que nous collectons désormais dans les déchèteries ne valent guère mieux. Les particuliers ont tendance à les mélanger avec des huiles alimentaires ».

Fait nouveau, les déchèteries regroupent désormais 20 000 tonnes d'huile par an. Cette collecte constitue un progrès certain. Ce volume provient de vidanges de voitures effectuées par les particuliers. Avant la création du réseau de déchèteries, ces huiles partaient dans les égouts ou directement dans la nature. Cependant, la moitié du volume collecté est impropre à la régénération du fait des mélanges effectués par les particuliers. Alors que la collecte augmente, la régénération stagne, voire recule: « Le message consiste donc à dire tout simplement qu'il ne faut plus mélanger des produits différents » poursuit Lydie Ougier.

Une première campagne d'information et de sensibilisation touche depuis l'été les garagistes rappelés à leurs obligations de collecteur et de producteur de déchets. Depuis un décret du 21 novembre 1979, ils sont obligés de stocker ce déchet dans des cuves séparées et ont obligation de le remettre à des collecteurs agréés par les préfets de département. Dans le courant de l'automne, les particuliers vont être interpellés à leur tour. Début 2005, les industries utilisant des machines-outils, les entreprises de transport, les exploitations agricoles seront la cible d'une troisième vague d'information. L'Ademe espère ainsi améliorer la part de recyclage des huiles usagées. Sans cependant se donner d'objectif trop précis.


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