L’Ademe réactualise son scénario bas carbone pour 2050

Le 19 octobre 2017 par Stéphanie Senet
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Objectif: 70% d'ENR dans la consommation d'énergie finale en 2050
Objectif: 70% d'ENR dans la consommation d'énergie finale en 2050

L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a présenté, ce 19 octobre, deux études proposant un scénario bas carbone pour 2050 et une batterie de mesures pour y parvenir.

 

Avec ses nouvelles études prospectives, l’Ademe compte alimenter le débat lancé par la révision de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC).Réactualisée par rapport à novembre 2012, cette vision -qui se veut «ambitieuse et réaliste»- confirme qu’une baisse des émissions de gaz à effet de serre de 70% en 2050[1] ainsi qu’une baisse de la consommation d’énergie finale de 49%[2] sont possibles, en accord avec la loi sur la transition énergétique (LTECV)[3].

 

Produire des énergies renouvelables

«Il est possible de modifier profondément notre approvisionnement énergétique en 2050 en augmentant la part des énergies renouvelables à 70%», lance David Marchal, directeur adjoint du service Productions et énergies durables. L’Agence propose en fait trois scénarios oscillant entre 46 et 69% d’ENR en 2050, avec l’accent mis sur l’éolien, le photovoltaïque et la biomasse.

 

Rénover et encore rénover

Autre priorité: réduire la consommation d’énergie dans des secteurs-clés comme le résidentiel (-44% en 2050), en s’appuyant sur un vaste projet de rénovation des bâtiments. Celui-ci table sur 500.000 logements rénovés par an d’ici 2030 et 750.000 entre 2030 et 2050. Contre 350.000/an aujourd’hui. Le gouvernement doit d’ailleurs présenter sa stratégie de rénovation d’ici la fin du mois. Des économies importantes sont aussi attendues dans le tertiaire, où la consommation de chauffage pourrait être divisée par deux en 2050.

 

Des transports plus sobres

Les transports présentent la plus forte baisse potentielle: 70% d’énergie en moins en 2050 grâce aux effets cumulés d’une baisse de la mobilité individuelle d’environ 25%, d’une hausse des véhicules électriques et hybrides et des transports en commun et une progression de 30% du fret.

 

Agriculture bio et agro-ecologie

Enfin, l’agriculture devrait réduire sa demande énergétique de 33% d’ici 2035 avant de la stabiliser. «Nous avons basé notre scénario sur un rééquilibrage des protéines végétales et animales, sur une hausse de l’agriculture bio jusqu’à 30% de la surface agricole utile et de l’agro-écologie à 60% de la SAU», explique David Marchal. Au total, l’agriculture conventionnelle ne représenterait plus que 10% de la SAU en 2050. Pour cela, l’artificialisation des sols devra être stabilisée d’ici 2035.

 

Une feuille de route en 17 mesures

L’Ademe, qui a analysé l’impact précis de la LTECV sur les émissions de GES, estime qu’elle ne suffira pas pour les réduire de 240 millions de tonnes équivalent CO2 en 2030. «Il existe un gap de 24 Mt eqCO2, qu’il est possible de combler par différentes mesures», note David Marchal. C’est tout l’objet de la deuxième étude de l’Ademe, qui a été présentée ce 19 octobre. 17 mesures ont été identifiées et évaluées en fonction de leurs gains potentiels d’émission de GES.

Résultat: le déploiement des véhicules hybrides et électriques offre une économie de 7,5 Mt eqCO2 en 2050. Deuxième piste: le doublement du fonds Chaleur -justement géré par l’Ademe- permettrait de gagner 5,5 Mt eqCO2 en étant couplé avec la hausse de la composante carbone des taxes intérieures de consommation. Troisième solution: un dispositif fiscal en faveur des économies d’énergie dans l’industrie pourrait réduire les émissions de 5,5 Mt eqCO2. En matière de rénovation des logements, une obligation de rénovation lors des mutations offre une économie de 1,6 Mt eqCO2 et une obligation de rénovation pour les propriétaires bailleurs de 2,7 Mt eqCO2. Si elle y travaille, l’Ademe n’a pas encore publié le coût précis de cette batterie de mesures, ni ses impacts sur l’économie et l’emploi. Ces données devraient être diffusées d’ici la fin de l’année.



[1] Par rapport à 1990

[2] Par rapport à 2010

[3] Division des émissions de gaz à effet de serre par 4 en 2050 et baisse de 50% de la consommation énergétique finale

 



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