L’Ademe propose un menu pauvre en viande et en azote

Le 27 février 2019 par Stéphanie Senet
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L'alimentation des Français représente un quart de leur bilan carbone
L'alimentation des Français représente un quart de leur bilan carbone

 

L’alimentation des Français représente un quart de leur empreinte carbone, selon une étude publiée le 26 février par l’Ademe. La décarbonation implique un changement de comportement des consommateurs et des agriculteurs.

Pour remplir les assiettes et les verres des Français, 163 millions de tonnes de gaz à effet de serre ont été émises en 2012, comptabilise l’Ademe[1]. Soit 24% du bilan carbone des ménages. Intéressant, ce bilan détaille la responsabilité climatique de chaque étape: production, transports, distribution, consommation...

 

Deux tiers des émissions à la ferme

La production est un poids lourd: élevage et cultures émettent 67% de ces émissions. Ces deux secteurs n’émettent pas que du CO2. Le gaz carbonique est produit par les tracteurs et les installations de chauffage (serre), quand les bovins et les grandes cultures relarguent du méthane et du protoxyde d’azote (N2O). Or ces gaz à effet de serre ont un pouvoir de réchauffement global très fort, respectivement 28 et 320 supérieur à celui du dioxyde de carbone. Ce qui explique en partie l’importance de l’amont dans le bilan carbone de l’alimentation.

 

19% des émissions dans les transports

Les transports de marchandises et des ménages[2] ne représentent que 19% du bilan carbone de l’alimentation, dont 57% visent des importations. Pour le reste, l’industrie agro-alimentaire est à l’origine de 6% des émissions, la distribution et la restauration 5% et la consommation à domicile 4%.

Particularité: l’Ademe n’a pas retenu dans son étude les émissions imputables aux véhicules de moins de 3,5 t, ni celles liées aux emballages et à la gestion des déchets. Ces émissions restent toutefois marginales, selon l’analyse de la littérature mondiale effectuée par i4CE.

 

Moins de viande dans les assiettes

Conclusion: «L’évolution des assiettes vers une alimentation moins carnée et la réduction du recours aux intrants azotés représentent un enjeu majeur dans une stratégie de réduction des émissions de gaz à effet de serre», estime l’Ademe.

Dit autrement, l’Ademe estime possible de diviser par deux les émissions du secteur primaire. Conforme à la tendance esquissée par la future stratégie nationale bas carbone, cet objectif n’est atteignable qu’au prix d’une réduction de moitié de la consommation de viande et de produits laitiers, au profit de végétaux. De leur côté, les paysans devront commencer par réduire l’usage des intrants azotés, dont la dégradation génère les émissions de N2O.

Ceci passe par une meilleure valorisation des engrais organiques, l’introduction de couverts végétaux, le développement des légumineuses, la plantation de haies, l’optimisation de la gestion des prairies et des apports protéiques en alimentation animale. Une véritable révolution agricole.

 



[1] Ademe: Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie

[2] Pour la restauration hors foyer

 



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