L’Ademe prépare l’accélération de la transition écologique

Le 22 juillet 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Bruno Léchevin président de l'Ademe, vient de signer, avec l'Etat, le contrat d'objectifs et de performance de l'agence.
Bruno Léchevin président de l'Ademe, vient de signer, avec l'Etat, le contrat d'objectifs et de performance de l'agence.

La ministre de l’environnement, Ségolène Royal, et Bruno Léchevin ont signé, ce vendredi, le contrat d’objectifs et de performance de l’Ademe (COP). Le président de l’agence explique au JDLE les tenants et aboutissants de ce COP 2016-2019.

C’est la fin d’un long parcours. Trois ans après sa prise de fonction, le président de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) signe enfin avec l’Etat un contrat d’objectifs et de performance (COP). «Nous n’avions plus de COP depuis décembre 2012, rappelle Bruno Léchevin. En même temps, nous voulions qu’il intègre les principes de la loi sur la transition énergétique.» ‘Adémiens’ et pouvoirs publics ont donc laissé passer le temps du débat national et des travaux parlementaires pour se remettre à l’ouvrage.

faire évoluer l’action de l’Ademe

L’ouvrage est désormais sur la table. Que prévoit-il? Essentiellement de faire évoluer l’action de l’Ademe au rythme des demandes de la société. «Nous continuerons d’être là en tant qu’experts et d’éclairer les décideurs et la société sur les enjeux de la transition énergétique. Nous serons toujours là comme précurseurs, en soutenant l’innovation et en élaborant des visions prospectives. Mais nous serons aussi là pour répondre aux défis posés par l’accélération et la généralisation de la transition énergétique et écologique dans les territoires.»

Contexte difficile

Cette accélération annoncée interviendra «dans un contexte difficile», faite de (petites) réductions de budget[1] et de quelques pertes de postes par an. «Nous nous attacherons à accroître encore notre agilité», avance Bruno Léchevin. En interne, le COP obligera l’Agence d’Angers à revoir organisation et méthode. Dès septembre, les cadres devront imaginer comment passer d’un fonctionnement souvent décrit comme vertical (en silo) en gestion en mode projet, moins hiérarchique. «Nous devons traduire notre COP en projets d’entreprises opérationnels. Des projets que tous les collaborateurs devront comprendre et partager.»

changement de culture

Un changement de culture d’entreprise? Assurément. Mais à la mode Léchevin: «Le changement sera massif, mais progressif. Car on ne réussira pas à imposer les nouveaux modes de fonctionnement exigés par le COP sans l’adhésion de tous.»

Pour accélérer la transition énergétique, l’Ademe prévoit d’aider les collectivités à planifier politique et actions; de signer avec elles des contrats d’objectifs pluri-annuels; de soutenir les observatoires régionaux de l’énergie et de l’économie circulaire; de développer les remontées de retour d’expérience du terrain; et d’adapter, dans les DOM-COM, son action et son expertise aux contextes locaux.

Ce principe s’applique aussi bien en interne qu’à l’externe. Conforté dans ses missions traditionnelles, par exemple avec le doublement annoncé de son fonds Chaleur, l’Ademe devrait pouvoir amplifier son action de défrichage des nouvelles technologiques. Notamment avec l’arrivée, dès l’an prochain, de la troisième tranche des investissements d’avenir. Doté de 10 milliards d’euros, ce PIA3 sera dédié, à 60%, aux projets de transition énergétique et écologique, a rappelé le président de la République, lors d’une allocution prononcée ce vendredi 22 juillet.

nouer de nouveaux partenariats

Aussi épaisse soit-elle, cette enveloppe ne suffira pas à financer l’adaptation du système énergétique français.  Aussi, l’Agence devra-t-elle nouer de nouveaux partenariats, notamment avec le système financier en général, et bancaire. Sans oublier d’améliorer son expertise en matière d’ingénierie financière. «Surtout si l’on veut atteindre l’objectif de 500.000 rénovations de logements par an», poursuit-il. à cet égard, l’Ademe prépare, pour l’automne, la transformation des Espaces Infos Energie en plates-formes de la rénovation énergétique.

 


[1] La baisse du budget annuel est de l’ordre de 2 millions d’euros par an.

 



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