L’Ademe pointe le manque d’efficacité des travaux d’isolation dans les maisons

Le 17 octobre 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les trois quarts des travaux d'isolation sont peu ou pas efficaces.
Les trois quarts des travaux d'isolation sont peu ou pas efficaces.

 

Les trois quarts des travaux réalisés dans les maisons individuelles entre 2014 et 2016 n’ont pas permis de réduire significativement la consommation d’énergie, indique l’enquête Tremi.


L’une des priorités environnementales et sociales du quinquennat est-elle, d’ores et déjà, une véritable faillite? C’est ce que l’on peut craindre à la lecture de l’enquête sur les travaux de rénovation énergétique des maisons individuelles (Tremi), publiée ce mercredi 17 octobre par l’Ademe .

Cette enquête, qui prend la suite de l’enquête bisannuelle Open, s’est attachée à évaluer les résultats des travaux de rénovation réalisés entre 2014 et 2016 par les occupants des maisons individuelles. Et les résultats devraient faire réfléchir les rédacteurs des prochains plans de soutien à la rénovation thermique des bâtiments et autre stratégie nationale bas carbone.

11.000 euros de travaux

Surprise, qu’ils soient propriétaires ou locataires, ce n’est pas pour réduire le montant de leur facture énergétique que les occupants d’une maison se lancent dans de coûteux travaux (11.000 euros, en moyenne), mais plus sûrement pour améliorer leur confort. La gestion des pannes et des sinistres est aussi un gros déclencheur. D’où la recommandation adressée aux pouvoirs publics par les auteurs de l’étude: travailler aussi avec les assureurs et les artisans spécialisés dans le dépannage.

des rénovateurs mal entourés

Ce n’est, cette fois, pas une découverte, mais une confirmation: les ménages qui font isoler leur toiture ou changer leurs ouvrants se sentent mal entourés quand ils envisagent ou réalisent des travaux: «Seulement 15% des ménages […] ont bénéficié d’information et d’accompagnement». D’où le conseil de recourir plus fréquemment qu’aujourd’hui aux architectes indépendants, qui «occupent une vraie place dans le conseil énergétique aux particuliers».

pas de ventilation

Les campagnes de communication ont, semble-t-il, porté leurs fruits: les ‘rénovateurs’ commencent par bien isoler leur maison. Mais cela se fait parfois au détriment du remplacement de l’antique chaudière. Autre oubli: la ventilation. C’est «clairement le parent pauvre de la rénovation énergétique alors qu’il s’agit d’un poste-clé ayant un impact sur le confort mais aussi sur la santé des occupants». Un travail de plus pour l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur.

le confort avant l'efficacité

Mais le plus dur est à venir. A savoir un véritable décalage entre les effets réels des travaux et leur perception par les ménages. Si 83% des ménages ayant réalisé des rénovations estiment que le confort thermique de leur logement en a été amélioré d’autant, ils ne sont plus que 61% à voir baisser le montant de leur facture d’énergie.

25% de bons travaux

Un gros quart de ces ménages pensent avoir réalisé tous les travaux de maîtrise de la demande d’énergie qui s’imposaient. Or l’enquête Tremi montre que seules 5% des rénovations réalisées ont permis de gagner au moins deux classes dans le diagnostic de performance énergétique (DPE) et 25% au moins une classe. Dit autrement, les trois quarts des rénovations n’ont pas permis de réduire significativement la consommation d’énergie des logements. On continue comme ça?

Vive la TVA réduite. Entre 2014 et 2016, 5,1 millions de ménages ont réalisé des travaux de rénovation de leur maison. Le chiffre d’affaires global de ces chantiers flirte avec les 60 milliards d’euros. 60% des ménages ont bénéficié d’au moins une aide financière. La plus importante est le taux réduit de TVA.


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