L'Ademe fait la promotion des PDE

Le 04 novembre 2005 par Claire Avignon
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Sochaux PSA PEUGEOT CITROEN
Sochaux PSA PEUGEOT CITROEN

La semaine dernière, la présidente de l'Ademe est allée visiter l'usine PSA de Sochaux qui met en place depuis un an un plan de déplacement d'entreprise. L'occasion de (re)mobiliser sur un thème encore peu exploré par les entreprises.

Avec 238 plans de déplacement d'entreprise (PDE) en cours de réalisation en France pour un objectif de 500 à l'horizon 2006, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) avait besoin de donner un petit coup de fouet à son opération. C'est chose faite avec la visite, le 28 octobre, par la présidente Michèle Pappalardo du site de production de véhicules PSA de Sochaux (Doubs), estampillé «bon élève» de PDE à cette occasion. En VRP de ces plans qui doivent permettre de restreindre la part de l'automobile dans les déplacements domicile-travail des salariés, Michèle Pappalardo a rappelé les avantages d'un tel dispositif pour les entreprises: le stress lié aux embouteillages contribue à dégrader les conditions de travail et diminue la productivité des employés. Les trajets domicile-travail sont générateurs d'accidents de voitures. La hausse du prix du foncier rend la gestion des parkings automobiles de plus en plus lourde. «Les PDE doivent permettre de réduire les frais des entreprises, des salariés et des collectivités locales, résume la présidente de l'Ademe. C'est du gagnant-gagnant.»

Ces bénéfices ne se font toutefois pas sans de profonds changements, comme en témoigne la mise en place du plan de déplacement de PSA. Il faut dire que la situation de l'usine, coincée en pleine agglomération entre Sochaux, Montbéliard et Exincourt, demande de profondes modifications dans la gestion complexe des flux de transports: 20.000 entrées de véhicules particuliers (salariés et visiteurs) par jour, des bus de PSA pour 43% des 15.000 employés de l'usine, des poids lourds transportant à la fois des marchandises et la moitié de la production de véhicules neufs de l'usine. Et cela, jour et nuit. «Notre plan de déplacement devrait permettre de régler 2 problèmes, indique Roselyne Genestier, responsable du PDE pour PSA. Nous voulons éviter les zones de conflits entre les différents flux pour que les départs de nos poids lourds ne soient pas retardés à cause de véhicules mal garés, et nous espérons mieux contrôler les personnes entrant sur le site, ce qui est difficile lorsque les gens entrent en voiture.»

Un ambitieux projet est donc monté depuis un an. Objectif: diviser par 20 le nombre de véhicules par jour entrant sur le site pour juin 2006. Pour cela, 4 parkings vont être construits à la périphérie de l'usine. Le plus grand contiendra 2.600 places, sur 5 étages (dont le rez-de-chaussée), pour un coût de 10 millions d'euros. «En avril 2006, la quasi-totalité des véhicules sera interdite sur le site, avec 1.000 entrées quotidiennes maximum», indique Roselyne Genestier. Des navettes circulent déjà pour les déplacements à l'intérieur du site, dont la superficie atteint 264 hectares et qui compte 30 kilomètres de routes. En ce qui concerne le trafic des poids lourds, 2 sites vont déménager pour éviter les traversées urbaines. Dès janvier, les camions viendront directement de l'autoroute.

Outre le désengorgement de l'usine en elle-même, PSA veut promouvoir les modes de transport alternatifs au véhicule particulier. Cette politique peut sembler paradoxale pour un constructeur automobile. Mais selon Denis Duchesne, directeur de l'usine de Sochaux, «PSA se veut un acteur de mobilité intelligente.» La SNCF et la Compagnie des transports du pays de Montbéliard (CTPM) devraient adapter les horaires de leurs trains et bus selon les horaires des travailleurs de Sochaux. Des bus de l'agglomération pourraient même pénétrer à l'intérieur de l'usine. La direction réfléchit à l'idée de rembourser une partie du titre de transport de ses salariés, mais un accord avec l'Urssaf doit d'abord être trouvé. «Contrairement à l'Ile-de-France où le remboursement de la carte orange est obligatoire, celui-ci pourrait être considéré ici comme un avantage en nature imposable, ce qui ferait perdre l'intérêt d'une telle opération», indique Roselyne Genestier. Des pistes cyclables sont également agencées, ainsi que des parkings couverts pour les 2 roues. Enfin, l'usine pourrait bientôt accueillir des petites entreprises de service comme un pressing. Les employés n'auraient alors plus besoin de faire ce type de courses après leur travail, ce qui faciliterait leur conversion aux transports en commun.




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