L'Ademe et Alstom imaginent le «TGV du futur»

Le 25 janvier 2016 par Yves Leers
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La rentabilité du TGV français a chuté de 50% en 5 ans.
La rentabilité du TGV français a chuté de 50% en 5 ans.
Alstom

Innovant, sobre et moins cher pour l’usager, le «TGV du futur» pourrait être construit par Alstom avec le soutien financier des pouvoirs publics de l’ordre de 100 millions d’euros. Le cadre: SpeedInnov, une co-entreprise portée par Alstom et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

Un prototype de ce TGV nouveau devrait être livré dans les 4 ans, offrant une capacité de 750 places par rame (contre 500 aujourd’hui). Sa consommation d’électricité sera fortement réduite –de l’ordre de 35%- tandis que le coût de maintenance sera optimisé. La SNCF est le premier consommateur d’électricité en France: 7 térawattheures selon RTE, soit 1,5% de la consommation nationale. L’objectif est aussi d’offrir des prix plus accessibles que les TGV actuels.

Quatre ministres et le commissaire général à l’investissement sont à l’origine de la création de cette joint-venture chargée de «développer la future génération de trains à grande vitesse» dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir (PIA) que gère l’Ademe. Prévu à l’origine pour 2018 afin de prendre le relais d’un TGV actuellement moins fréquenté et dont la rentabilité a fortement chuté ces dernières années, le projet SpeedInnov «contribuera à renforcer l’offre de transports collectifs propres et le savoir-faire de l’industrie française en matière de transport ferroviaire à grande vitesse», selon le gouvernement qui ajoute: «L’engagement de l’Etat à travers la participation de l’Ademe dans ce projet est une nouvelle illustration de son engagement dans une transition énergétique créatrice d’activité et de croissance verte». 

En réalité, plusieurs étapes sont encore attendues malgré la création de SpeedInnov. Dans un premier temps, la SNCF a lancé en décembre un appel d’offres pour un «partenariat d’innovation» auquel va répondre le groupement SpeedInnov. Il devrait être suivi dans le courant de l’année par un autre appel d’offres pour le TGV du futur dans le cadre des projets nationaux de transport et de mobilité durable. D’autres entreprises qu’Alstom pourront, bien sûr, y répondre.

UNE ECONOMIE DE 30%

Le TGV du futur était déjà inscrit dans les plans de la Nouvelle France industrielle d’Arnaud Montebourg lorsqu’il était ministre de l’économie et il est très soutenu par son successeur, Emmanuel Macron. Mais le cahier des charges a été complètement revu, comme l’avait indiqué à l’époque le président de la SNCF, Guillaume Pepy: les projets initiaux de TGV haut de gamme sont restés dans les cartons pour développer un train qui coûtera moins cher par siège passager (environ 30%) et favorisera donc des prix plus bas, objectif affiché par la SNCF.

En attendant, la rentabilité du TGV français a chuté de 50% en 5 ans. Selon une étude espagnole de Fedea, seules deux lignes à grande vitesse dans le monde sont parvenues à atteindre une vraie rentabilité financière: Tokyo-Osaka et Paris-Lyon. Alors pourquoi attendre la nouvelle génération de TGV pour faire baisser les prix et augmenter la fréquentation comme l’a fait avec succès Renfe en Espagne? Une baisse des prix de 27% en 2014 et de meilleurs services ont fait remonter la fréquentation des trains à grande vitesse espagnols de 20%. Une telle solution n’est pas envisagée par la SNCF qui compte sur des gains de productivité et des baisses de coût d’exploitation.

CURE DE MINCEUR

Très attendu, le TGV new-look sur lequel travaille Alstom depuis plusieurs années sera entièrement connecté et devrait rouler entre 320 et 350 km/h. Il suivra une cure de minceur et sera encore mieux profilé que les TGV actuels, moins haut tout en conservant deux niveaux. Les économies d’énergie sont attendues de l’utilisation de nouveaux composants et de nouveaux systèmes comme la récupération de l’énergie au freinage. Alstom travaille aussi sur l’accessibilité et la capacité d’accueil de ces futurs trains à grande vitesse «sans diminuer le confort des passagers», mais peut-être en supprimant le bar au profit d’un chariot.

Alors qu’Alstom vient de signer avec la compagnie italienne NTV pour 8 trains pendulaires Pendolino (moins coûteux que nos TGV), SpeedInnov pourra répondre aux appels d’offres à l’international, comme celui d’Amtrak aux Etats-Unis pour une LGV entre Washington et Boston ou d’autres attendus en Espagne, Chine, Inde ou encore au Brésil.



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