L'action à l'échelon municipal

Le 09 juin 2005 par Delphine Moninot
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Au cours d'une conférence, Jacques Pélissard, le président de l'AMF, a rappelé l’importance de l'échelon municipal dans la gestion de l'eau et des déchets. Au-delà des responsabilités fixées par le Code général des collectivités locales, des initiatives peuvent être prises.

Aujourd'hui, en France, 84 Agendas 21 sur 120 ont été signés par des communes ou regroupements de communes. Cet échelon semble donc approprié aux actions de développement durable, comme l'a expliqué Jacques Pélissard, président de l'Association des maires de France (AMF) et député-maire (UMP) de Lons-le-Saunier (Jura), lors d'une rencontre organisée par le Comité 21.

«Tous les maires trouvent des solutions économiquement viables, socialement équitables et responsables sur le plan environnemental. Ils font du développement durable sans le savoir», affirme Jacques Pélissard. C'est d'ailleurs tout le problème des Agendas 21. «Il est encore difficile de se rendre compte de ce qui a été réalisé concrètement grâce aux Agendas 21», admet Antoine Charlot, responsable du programme « Cités 21 » au sein de l'association Comité 21. L'AMF va donc lancer un Observatoire national des Agendas 21 pour réaliser un état des lieux des actions entreprises.

Pour Jacques Pélissard, le bilan est déjà positif: «Le développement durable est un facteur d'efficacité des services car il induit une vision transversale et décloisonnée des problèmes». La gestion de l'eau peut en effet avoir un impact sur les déchets: une eau de bonne qualité évite aux usagers l'achat d'eau en bouteille, ce qui permet de réduire d'autant la production de déchets dus à l'emballage. Pour les maires, beaucoup d'actions sont possibles, notamment à travers les politiques menées dans les secteurs de l'eau et des déchets. Par exemple, la régie de l'eau de Lons-le-Saunier a créé une zone de protection des puits de captage de 270 hectares. Un contrat lie les agriculteurs de cette zone à la régie: ils s'engagent à ne pas utiliser de lisiers ou produits chimiques et ils perçoivent une subvention de la ville pour absorber la baisse de production. «Sur cette zone, nous avons monté une filière bio et créé des débouchés: un meunier fournit un boulanger, qui approvisionne l'ensemble des restaurants scolaires de la ville», rapporte Jacques Pélissard. Dans sa commune, les toits des services techniques sont équipés de citernes qui récupèrent les eaux de pluie, avec lesquelles les jardins de la ville sont arrosés. «L'avantage est non seulement écologique mais aussi économique», estime Jacques Pélissard. L'approche collective ne doit pas être négligée, les partenariats entre communes permettant d'atteindre un seuil critique. «Une collecte sélective n'est pas intéressante financièrement en dessous de 10.000 habitants. Un centre d'enfouissement technique de moins de 20.000 tonnes (t) coûte trop cher et on divise par 2 le coût d'une installation de tri en la faisant passer de 5.000 à 15.000 t», explique Jacques Pélissard pour qui le plus important est d'avoir la meilleure approche territoriale. «On peut avoir un captage local d'une bonne eau et la distribuer seulement dans le village. Si on a une eau de meilleure qualité, il peut être bien de mutualiser sa distribution à l'échelle d'un syndicat départemental». Des partenariats avec les entreprises peuvent aussi être noués, comme en témoigne la création d'Eco-emballages, issue d'une discussion avec elles (1).



Les premiers partenaires restent les habitants, même s'il est parfois difficile de les impliquer. «Cela demande beaucoup de temps d'expliquer l'intérêt des actions entreprises. Certains administrés pensent qu'il s'agit d'un luxe superflu», déplore Béatrice Destison, conseillère municipale à la mairie de Villennes-sur-Seine (Yvelines), qui met en place un Agenda 21 couplé à un plan local d'urbanisme (PLU). Pour les motiver, des communes éco-citoyennes ont été créées dans le Jura pour encourager la qualité du tri au moyen d'une ristourne financière.



(1) C'est aujourd'hui une obligation réglementaire : Eco-Emballages doit utiliser les recettes de la taxe sur les emballages pour aider les communes à développer la collecte sélective.




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