L’acidification des océans menace la sécurité alimentaire

Le 06 décembre 2010 par Célia Fontaine
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Les effets de l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre sur la santé des mers et des océans pourraient être beaucoup plus élevés et complexes qu'on ne l'a supposé jusqu’à maintenant, peut-on lire dans un rapport présenté par le Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue) le 2 décembre dernier lors de la réunion de l'ONU sur le climat, à Cancun.

L'étude réunit quelques-unes des dernières recherches scientifiques[1] sur le phénomène d'acidification des océans, un processus qui inquiète de plus en plus de chercheurs. Déclenché par l'augmentation des concentrations de CO2 dissous dans l'océan, le phénomène modifie la chimie de la mer par un abaissement du pH du milieu marin.

Environ 25 % des émissions mondiales de CO2 sont absorbées dans les mers et les océans où elles se transforment en acide carbonique. « Nous constatons déjà un impact global négatif de l'acidification des océans sur quelques organismes et sur certains écosystèmes-clés qui aident à fournir de la nourriture pour des milliards d'êtres humains », a déclaré Carol Turley, auteure principale du rapport.

Les concentrations d'ions de carbonate, qui sont en baisse, ont une incidence sur la capacité de nombreux organismes marins à construire des coquilles et des récifs. En d’autres termes, cela signifie que dans les prochaines décennies, il sera de plus en plus difficile pour certains organismes vivants primordiaux, comme les coraux[2] et les mollusques, de former leurs squelettes à base de calcium.

La carapace des homards adultes, par exemple, pourrait augmenter d'épaisseur en réponse à la chute des niveaux de pH. L'odeur ou encore le système olfactif de certains jeunes poissons serait affaibli. D’autre part, l'acidification des océans peut interagir avec leur réchauffement, ce que certaines espèces risquent de mal supporter. Les conséquences pour la chaîne alimentaire marine peuvent donc s’avérer désastreuses.

« Cela entraine des répercussions sur les futures captures de crabes, moules et autres coquillages. Les espèces qui dépendent des récifs coralliens, ou encore celles comme le saumon qui se nourrissent de petits organismes, risquent d'être en péril[3] », explique le Pnue.

Le rapport invite les gouvernements, les décideurs et les autres acteurs concernés à déterminer la vulnérabilité des communautés humaines qui dépendent des ressources marines au phénomène d'acidification des océans. Il faut « réduire les pressions sur les autres espèces faisant partie des stocks alimentaires afin de leur offrir les meilleures chances de succès, via la planification spatiale marine ou la réévaluation des ressources disponibles par exemple ».

Autre recommandation : évaluer les options envisageables en créant des bassins d'élevage écologiques d'espèces plus résistantes à la diminution du pH, ou encore intégrer les découvertes de la science en matière d'acidification des océans dans les outils de gestion des pêches.



[1] Le rapport a été rédigé en collaboration avec le laboratoire marin de Plymouth au Royaume-Uni et des scientifiques d'autres organismes, dont le Centre national d'océanographie de Southampton et la Commission océanographique intergouvernementale de l'Unesco.

[2] Les récifs tropicaux fournissent un abri et de la nourriture à environ 25 % des espèces connues de poissons marins. Ces récifs coralliens assurent la sécurité alimentaire et économique d'environ 500 millions d'individus à travers le monde, selon le rapport.

[3] Selon le Pnue, les crustacés et les autres poissons représentent un apport de 15 % de protéines animales pour trois milliards de personnes à travers le monde, et un milliard de personnes supplémentaires dépendent directement de la pêche pour leur apport en protéines.



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