L’accord de Paris: un début de réponse aux migrations climatiques

Le 07 décembre 2015 par Stéphanie Senet
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Un organisme pourrait voir le jour pour coordonner l'aide apportée aux déplacés
Un organisme pourrait voir le jour pour coordonner l'aide apportée aux déplacés

Outre la perturbation des océans ou de la biodiversité, le dérèglement climatique oblige des millions de personnes à quitter chaque année leur foyer. Leur prise en compte apparaît désormais comme une option possible, au sein du chapitre dédié «aux pertes et dommages».

«Que sommes-nous prêts à faire aujourd’hui pour les déplacés climatiques?» La question est posée par François Gemenne, spécialiste des questions migratoires et directeur d’un programme de recherches à Sciences Po, à l’occasion d’un débat organisé par la Fondation Nicolas Hulot (FNH), le 4 décembre au Bourget. Une question cruciale alors que l’environnement représente désormais la première cause de déplacements dans le monde, devant les guerres, les conflits et les violences.

 

Accès aux financements Climat

Si certains Etats, comme les pays les plus vulnérables, ont œuvré pour la prise en compte des migrations dans l’accord de Paris, c’est notamment pour permettre d’allouer les financements Climat à la protection ou au relogement des déplacés. Il s’agit d’une étape supplémentaire après «l’accord de Cancun de 2010, qui reconnaît seulement que les programmes financiers d’aide aux réfugiés sont assimilables à des plans d’adaptation au changement climatique», poursuit François Gemenne, membre du comité scientifique de la FNH.

Dans le projet de texte remis ce 5 décembre à la présidence française, l’une des options de l’article 5 vise à créer «un centre de coordination des déplacés climatiques» en vue de leur apporter une réponse ciblée. Un haut commissariat aux réfugiés bis?

 

Un projet pour la France et le Bangladesh 

Dans le même ordre d’idées, FNH a appelé la France, le 4 décembre, à prendre le leadership au niveau mondial, avec le Bangladesh[1], pour créer une organisation dédiée aux déplacés environnementaux, dans le sillon de l’initiative Nansen. Pour rappel, cette opération lancée par la Norvège et la Suisse a conduit en octobre dernier à l’adoption d’un Agenda international pour la protection des personnes déplacées, signé par 110 pays. Encore faut-il concrétiser, dans l’espace et dans le temps, les mesures contenues dans cette boîte à outils.

 

Des alternatives régionales

«Alors que 95% des déplacés environnementaux restent dans leur pays, il est nécessaire de développer les initiatives régionales à travers le monde», estime Walter Kälin, avocat spécialiste des droits de l’homme, qui a participé à l’initiative Nansen. Quelques exemples existent déjà, comme la protection temporaire des victimes de catastrophe naturelle, applicable en Amérique latine, centrale et aux Etats-Unis, ou encore la convention de l’Union africaine sur les réfugiés qui a permis de protéger au Kenya, de façon temporaire, 350.000 déplacés somaliens ayant fui la sécheresse. Sans pour autant régler la question de leur avenir.

 

 



[1] Le Bangladesh a déclaré vouloir poursuivre l’initiative Nansen

 



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