L’Accord de Paris entrera en vigueur le 4 novembre

Le 06 octobre 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Ban Ki-moon et Ségolène Royal ont beaucoup oeuvré pour faire adopter l'Accord de Paris.
Ban Ki-moon et Ségolène Royal ont beaucoup oeuvré pour faire adopter l'Accord de Paris.
ONU

Le texte adopté lors de la COP 21 aura force de loi, quatre jours avant l’élection présidentielle américaine.

C’était annoncé. C’est arrivé. Au dernier comptage effectué par l’ONU, les seuils du nombre de pays et de la part des émissions anthropiques de gaz à effet de serre (GES) nécessaires ont été dépassés, mercredi 5 octobre.

Conformément à son article 21, l’Accord de Paris entrera donc en vigueur le 4 novembre prochain: 11 mois à peine après avoir été adopté à l’issue de la COP 21. «La vitesse à laquelle les pays ont rendu possible l'entrée en vigueur de l'Accord de Paris est sans précédent dans l’histoire récente des accords internationaux», estime Patricia Espinosa, nouvelle secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques[1].

Parmi les gros émetteurs de GES, le Japon (3,8% des émissions mondiales) et la Russie (7,5%) sont les seuls à ne pas encore avoir ratifié le texte.

Selon le secrétariat de la convention onusienne sur les changements climatiques, 74 pays (sur les 184 l’ayant signé) ont déposé leur instrument de ratification. Ils sont à l’origine de 58,82% des rejets de GES. Pour mémoire: 55 pays, représentant au moins 55% des émissions étaient nécessaires. Après le vote positif du parlement européen, l’Union européenne a ratifié l’accord, de même que la France, l’Allemagne, le Portugal, la Hongrie, Malte et la Slovaquie.

Selon une étude, publiée ce 6 octobre par la Commission sur la nouvelle économique climatique, il ne suffira pas d’accroître les investissements pour stabiliser le réchauffement. Ces 15 prochaines années, pronostiquent les rédacteurs, 90.000 Md$ devraient être consacrés à la réalisation d’infrastructures dans le monde. «Mais nous pouvons investir cet argent dans des infrastructures non durables ou choisir de bâtir des infrastructures sobres et résilientes», a rappelé Felipe Calderon, président de la Commission.  Construire un mode de développement «2 °C compatible» passe aussi par la fin des subventions aux énergies fossiles, la tarification des émissions de GES, la sortie du charbon, la promotion des énergies renouvelables et des transports doux.

La bonne nouvelle a bien sûr fait l’objet de nombreux commentaires. Barack Obama s’est inscrit en faux contre les sceptiques qui considèrent que les efforts de stabilisation du climat menacent l'économie américaine. «Les investissements déjà réalisés dans les industries émergentes, comme l’éolien ou le solaire, créent un volume régulier de nouveaux emplois», affirme le locataire de la Maison blanche. S’il reconnaît qu’il ne résoudra pas, seul, la crise climatique, le président US estime que «l’Accord de Paris permettra de retarder voire d’éviter certains des effets du réchauffement.»

Aviation et HFC

Paul Polson voit dans l’entrée en vigueur accélérée de l’accord de Paris un appel au basculement vers une économie bas-carbone. «Un mouvement urgent, inévitable, et qui va beaucoup plus vite que ce que nous avions imaginé», insiste le patron du conglomérat Unilever.

Deux bonnes nouvelles devraient jalonner le chemin menant à la COP 22: l’adoption du mécanisme d’échanges de quotas d’émission du secteur aérien par l’Organisation de l’aviation civile internationale, le 7 octobre, et l’adoption, la semaine prochaine, d’un amendement au protocole de Montréal, interdisant production et utilisation des hydrofluorocarbures (HFC), une famille de gaz de synthèse au fort pouvoir de réchauffement global.

 

 

 



[1] Il a fallu attendre 7 ans pour que le protocole de Kyoto, rédigé en 1997, entre en vigueur.

 



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