L’accaparement des terres agricoles se poursuit

Le 26 avril 2012 par Geneviève De Lacour
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Terres à vendre ?
Terres à vendre ?

Le phénomène des acquisitions de terres à grande échelle est un phénomène mondial et complexe. Une étude réalisée par le «Land Matrix Partnership*» dans le cadre de la conférence annuelle de la Banque mondiale sur la terre et la pauvreté sera publiée ce soir, du 26 avril à minuit. Le rapport confirme ainsi qu’il s’agit d’une tendance destinée à durer et non pas d’une simple «bulle». Et si la ruée sur les terres agricoles a atteint son paroxysme en 2009, le phénomène se poursuit donc.

Cette analyse des investissements fonciers agricoles réalisés au niveau international, menée sur plus de 1.000 transactions, suggère que celles-ci sont regroupées géographiquement: 11 pays seulement, la majorité en Afrique orientale (Soudan, Tanzanie, Mozambique, Madagascar, Zambie, Ethiopie), et en Asie du Sud-Est (Philippines, Laos, Indonésie, Pakistan), représentent 70% de la surface totale des terres acquises dans ces transactions. D’autres pays comme le Maroc, l’Argentine, le Brésil, la Russie ou le Sénégal font également partie de la liste des 20 pays les plus touchés par le phénomène.

Le rapport intitulé «Transactions foncières transnationales pour l’agriculture dans l’hémisphère Sud» s’appuie sur des données rendues accessibles grâce à une nouvelle interface en ligne intitulée «la Matrice des transactions foncières».

Cet examen approfondi révèle que presque la moitié des terres concernées sont déjà sous culture, ce qui implique l’existence d’une concurrence entre investisseurs et petits exploitants agricoles.

«L’achat des terres a souvent lieu dans des zones à densité de population très élevée, et non pas sur les terres dites en friche», déclare Markus Giger, du centre pour le développement et l’environnement de l’université de Berne.

Les investissements étudiés par cette matrice comprennent les transferts du droit d’exploitation, de contrôle ou de propriété des terres au moyen de la vente, du bail ou de la concession, couvrant des surfaces de 200 hectares ou plus.

Les principaux pays investisseurs se divisent en trois groupes: les économies émergentes, les Etats du Golfe, et l’Europe et l’Amérique du Nord.

Autre constat important: les investissements entre pays de l’hémisphère Sud et les échanges intrarégionaux ont augmenté.

Le site officiel de la «Matrice des transactions foncières» est: http://landportal.info/landmatrix. Il fournira un accès aux données vérifiées, permettant au public d’examiner et de visualiser les tendances, du niveau mondial jusqu’au niveau des transactions individuelles. Le but de cette «Matrice» est donc d’encourager la transparence et la responsabilisation dans les décisions concernant les terres et l’investissement, au moyen de données libres, accessibles par carte et sous forme graphique, et par téléchargement.

 

* Le Land Matrix Partnership comprend: le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), le Centre de l’université de Berne pour la recherche sur le développement durable (CDE), l’Institut allemand d'études mondiales et régionales (Giga), Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) qui est une société internationale agissant sous mandat du gouvernement fédéral allemand et fournissant des services de coopération internationale pour le développement durable dans plus de 130 pays, et la coalition internationale pour l’accès à la terre (ILC).

 



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