L’accaparement concerne 2% des terres agricoles mondiales

Le 18 octobre 2016 par Marine Jobert
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2% des terres mondiales accaparées.
2% des terres mondiales accaparées.

Le phénomène ne faiblit pas et connaît même une accélération, avec une mise en culture de plus en plus rapide après l’achat de terres par des investisseurs étrangers au pays.

En une quinzaine d’années, c’est l’équivalent du Royaume-Uni et de la Slovénie (environ 2% des surfaces agricoles mondiales) qui serait passé aux mains d’investisseurs étrangers aux pays dont ils convoitent les terres. C’est le bilan tiré par Land Matrix[1], qui publie son deuxième rapport analytique sur les transactions foncières dans le domaine de l’agriculture, 5 ans après ses premiers constats sur l’enracinement du phénomène d’accaparement des terres.

422 transactions en Afrique

Près de 1.204 accords ont été signés dans le monde depuis 2000, dont 1.004 dans un seul but agricole. Des transactions qui concernent en premier lieu des terres traditionnellement utilisées pour l'agriculture, ce qui alimente des conflits potentiels avec les communautés locales, notamment en Afrique (422 transactions, sur une superficie de 10 millions d’hectares). «Ce rapport est d'autant plus important qu'il est publié après la décision prise par la Cour pénale internationale de tenir les dirigeants d'entreprise, les politiques et les autres personnes concernées pénalement responsables en cas de dégradation de l'environnement et d'accaparement des terres», explique Wytske Chamberlain, chercheur à l'université de Pretoria et co-auteur du rapport.

Mise en culture dans les trois ans

Autre fait marquant: leur mise en culture est de plus en plus fréquente, avec dans quasiment 70% des transactions (710), des activités agricoles qui démarrent dans les trois années qui suivent l’achat. «Nous observons qu'un nombre croissant de terres agricoles ont changé de statut, mais également qu'elles sont davantage exploitées et cultivées, indique Kerstin Nolte, chercheur à l’Institut allemand d'études mondiales et régionales (Giga) et co-auteur du rapport. Les effets sur les communautés locales seront de plus en plus importants au cours des prochaines années.»

Les agrocarburants en forme

Les cultures alimentaires continuent d’occuper la première place (553 transactions sur 9,2 Mha), suivis par l’huile de palme (263 transactions sur 5,6 Mha) et les agrocarburants (221 transactions sur 5,1 Mha). Dont une majorité d’huile de palme, de jatropha, de maïs, de blé et de canne à sucre. Ce qui n’est pas surprenant quand on sait que 45% des importations d’huile de palme finissent dans les réservoirs européens. La majorité des investisseurs sont originaires de Malaisie, des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, de Singapour et d'Arabie saoudite. Les investisseurs d'Europe de l'Ouest sont impliqués dans 315 transactions foncières, couvrant une superficie de 7,3 Mha.

Les chiffres de Land Matrix diffèrent sensiblement de ceux de l’ONG Grain, qui estimait en juillet dernier à 491 le nombre de transactions foncières réalisées, couvrant plus de 30 Mha dans 78 pays. Mais les critères de l’ONG diffèrent de ceux retenus par Land Matrix, qui fait notamment remonter ses recherches à 2000, contre 2006 pour Grain.

 



[1] Le Land Matrix Partnership comprend: le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), le Centre de l’université de Berne pour la recherche sur le développement durable (CDE), l’Institut allemand d'études mondiales et régionales (Giga), Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) qui est une société internationale agissant sous mandat du gouvernement fédéral allemand et fournissant des services de coopération internationale pour le développement durable dans plus de 130 pays, et la coalition internationale pour l’accès à la terre (ILC).

 



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