L’Académie des sciences coule les climato-sceptiques

Le 28 octobre 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

 

C’est en catimini que l’institution du quai Conti a rendu publique, aujourd’hui 27 octobre, la synthèse du débat organisé le 20 septembre dernier. Une synthèse également remise à la ministre de la recherche, Valérie Pécresse, qui avait demandé en avril à l'Académie de dresser un état des lieux des connaissances sur cette question, en pleine polémique sur le livre de Claude Allègre, « L'imposture climatique ou la fausse écologie ». Cette fois, plus d’ambiguïté possible. L’Académie des sciences française se range résolument dans le camp des climatologues, au risque de déplaire fortement à trois de ses membres : les climato-sceptiques Claude Allègre, Jean-Louis Le Moël et Vincent Courtillot.

 

En une douzaine de pages, l’Académie rappelle quelques évidences : la température globale moyenne a progressé de 0,8°C, entre 1870 et 2009 ; la température des océans augmente depuis le demi-siècle qu’elle est mesurée, la surface des glaces océaniques diminue, le niveau des océans ne cesse de s’élever, les glaciers continentaux disparaissent, le niveau moyen des océans s’accroît depuis 1870. « En résumé, depuis la seconde moitié du XIXe siècle, plusieurs indicateurs indépendants montrent, sans ambiguïté, un réchauffement climatique, post-Petit âge glaciaire, modulé dans le temps, avec une augmentation de 1975 à 2003. »

 

En ce qui concerne les causes, le bilan est tout aussi lapidaire. La concentration de dioxyde de carbone (CO2) augmente continûment depuis le milieu du XIXe siècle, en raison principalement des activités industrielles. Elle est passée de 280 parties pour million (ppm) vers 1870 à 388 ppm en 2009. « Le taux de croissance mesuré depuis 1970 est environ 500 fois plus élevé que celui observé en moyenne sur les 5.000 dernières années. »

En raison de fermentations diverses (zones humides, ruminants, déchets domestiques, biomasse…), des fuites de gaz naturels et de la fonte du pergélisol, la concentration de méthane s’est accrue de 140 % sur la même période. Elle semble cependant stabilisée depuis 2000.

Quant au protoxyde d’azote (N 2O), émis par les activités agricoles, il a vu sa concentration augmenter de 20 %.

« L’augmentation de l’effet de serre induit pour l’ensemble de ces trois composants est de 2,3 watts au mètre carré (W/m 2). » Le soleil ? « L’énergie totale rayonnée par le soleil est dominée par la partie visible du spectre et a très peu varié au XXe siècle si on fait la moyenne sur les cycles d’activité de 11 ans. La variation relative de cette énergie durant ces cycles est de l’ordre du millième. Le forçage correspondant, de l’ordre de 0,2 W/m 2, est 10 fois plus faible que celui dû à l’augmentation de l’effet de serre lié aux activités humaines. » Exit donc l’hypothèse solaire défendue par les trois sceptiques de l’Académie.

 

Et rien ne vaut l’étude des climats du passé pour rappeler le contexte actuel : « Les analyses de la glace des calottes polaires montrent que les concentrations en CO 2, CH 4 et N 2O n’ont vraisemblablement jamais été aussi élevées depuis 800.000 ans ».

 

Pour autant, le rapport reconnaît (ce qui n’est pas contesté d’ailleurs par les climatologues) que certains mécanismes restent mal connus. « Des incertitudes importantes demeurent sur la modélisation des nuages, l’évolution des glaces marines et des calottes polaires, le couplage océan?atmosphère, l’évolution de la biosphère et la dynamique du cycle du carbone. »

 

Raison pour laquelle, soulignent les auteurs, « les grands programmes d’observation internationaux, terrestres et spatiaux, doivent être maintenus et développés ». Un message qui s’adresse aussi à la ministre de la recherche.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus