L’Académie de médecine n’aime toujours pas les éoliennes

Le 16 mai 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les éoliennes brouillent-elles les téléphones mobiles?
Les éoliennes brouillent-elles les téléphones mobiles?
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Pour la seconde fois en 11 ans, les académiciens de médecine cherchent des poux à l’énergie éolienne. 

Onze ans après un premier rapport sur les nuisances sanitaires des éoliennes, l’Académie nationale de médecine récidive. Lundi 15 mai, l’héritière de l’Académie royale de chirurgie met à jour une étude pilotée par Claude-Henri Chouard, spécialiste reconnu de la ronchopathie chronique[1].

En préambule de leurs travaux dirigés par Patrice Tran Ba Huy, les académiciens rappellent que «seuls ont été abordés et discutés les aspects sanitaires des éventuelles nuisances».

Syndrome des éoliennes

Avec moult références à l’appui, les auteurs font le point sur l’état des connaissances. A commencer par celles touchant au ‘syndrome des éoliennes’. Derrière ce vocable, on trouve tout et n’importe quoi: troubles du sommeil, fatigue, nausées, stress, dépression, irritabilité, anxiété, difficultés de concentration, troubles de la mémoire, perte d’intérêt pour autrui, agressivité, baisse des performances professionnelles, accidents et arrêts de travail, déménagement, dépréciation immobilière. Car la dépréciation immobilière est un trouble sanitaire bien connu.

Dans leur sagesse, les académiciens considèrent toutefois que ces symptômes ne «semblent guère spécifiques et peuvent s’inscrire dans ce qu’il est convenu d’appeler les intolérances environnementales idiopathiques».

Ni bruit, ni infrason

Passons aux nuisances sanitaires, les vraies. A commencer par les nuisances sonores. Bien difficiles à établir, semble-t-il: «Toutes les études montrent en effet que cette intensité [du bruit éolien] est relativement faible, restant souvent très en-deçà de celles de la vie courante.»

Les infrasons, alors? Pas gagné non plus: «Le rôle des infrasons, souvent incriminé, peut être raisonnablement mis hors de cause à la lumière des données physiques, expérimentales, et physiologiques …» Dans son avis rendu en mars 2017, l’Agence nationale de la sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) n’avait pas dit autre chose.

Le paysage

Et si «les modulations d’amplitudes causées par le passage des pales devant le mât sont dénoncées comme particulièrement dérangeantes», les auteurs reconnaissent que «les nuisances sonores semblent relativement modérées aux distances règlementaires, et concerner surtout les éoliennes d’anciennes générations.»

Restent les nuisances… visuelles. Ces feux clignotants (obligatoires) honnis des riverains, la stimulation stromboscopique liée à la rotation des pales. Sans oublier la défiguration des paysages. C’est bien là que se situe le problème. En résumé, «les nuisances sanitaires semblent avant tout d’ordre visuel (défiguration du paysage et ses conséquences psychosomatiques) et, à un moindre degré, sonore.»

Beaux-Arts. En 2007, l’Académie des Beaux-Arts a aussi publié un rapport sur les éoliennes. Dans leurs conclusions, les locataires de l’Institut de France estiment que les «machines de 150 mètres de haut sont en contradiction avec la tradition française»; que les éoliennes «ne participent pas à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre»; que les éoliennes engendrent du bruit, des risques d’accident; que les éoliennes sont devenues «un produit financier».

Que faire? Les académiciens sont bien tentés de préconiser un éloignement des éoliennes de 1.000 mètres de toute habitation, comme en 2006. Anachronique: «La nuisance sonore des éoliennes de nouvelles générations ne paraît pas suffisante pour justifier un éloignement de 1.000 mètres.»

Les riverains se plaignant souvent d’avoir été placés «devant le fait accompli», les rapporteurs proposent «de faciliter la concertation entre les populations riveraines et les exploitants ainsi que la saisine du préfet par les plaignants, de s’assurer que l’enquête publique est conduite avec la rigueur décrite dans les textes et effectivement mise en œuvre, et de veiller à ce que les riverains se sentent mieux concernés par les retombées économiques».

Et pour être sûrs de nourrir un prochain rapport, les chercheurs émérites suggèrent d’entreprendre une étude épidémiologique prospective sur les nuisances sanitaires des éoliennes. On ne sait jamais.

 

 



[1] La ronchopathie est un ronflement pathologique pouvant entraîner un syndrome des apnées du sommeil.

 



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