L'A75 inaugure la politique paysagère

Le 13 décembre 2004 par Claire Avignon
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
viaduc_millau
viaduc_millau

Le viaduc de Millau fait beaucoup parler de lui. L'A75, beaucoup moins. Pourtant, cette autoroute qui mène au viaduc inaugure de nombreux changements. Ainsi, l'A75, appelée aussi la Méridienne est la première autoroute avec l'A20 à bénéficier de la politique du 1% paysage. Ce qui devrait contribuer à désenclaver le Massif Central.

Le 1% paysage a été imaginé à la fin des années 1980. Son objectif : éviter que certaines régions soient uniquement des régions de transit des véhicules. A la même époque, l'Etat réfléchit à un nouveau tracé nord-sud pour réduire les encombrements en Rhône-Alpes. Or, les élus locaux des départements de l'Aveyron, du Cantal, de la Haute-Loire, de l'Hérault, de la Lozère et du Puy-de-Dôme, ont peur que les vacanciers, comme les riverains, transitent à travers des départements déjà peu attractifs. C'est dans le cadre de cette réflexion que le 1% paysage et développement est mis en place en 1989 par la direction des routes qui dépend du ministère de l'Equipement, des transports et du logement. 

Cette politique ambitionne de préserver les paysages remarquables et de participer aux développements touristique et économique. Deux autoroutes en ont alors profité, l'A75 (Clermont-Ferrand-Béziers), et l'A20 (Vierzon-Montauban). Puis la circulaire du 12 décembre 1995 a ouvert cette politique à 40 itinéraires, routes nationales et autoroutes concédées ou non. Le terme "1%" correspond au pourcentage dédié à la politique paysage sur le coût total des travaux . 11,534 millions d'euros ont été dégagés pour l'A75. Ils ont servi à subventionner jusqu'à 50% de chaque projet proposé par les collectivités.

«Nous avons commencé par financer la résorption des points noirs en rénovant les façades sur les bâtiments dégradés, en supprimant les décharges sauvages, en enfouissant les réseaux aériens des lignes électriques», explique Frédéric Leray, de la mission environnement de la direction des routes. Une partie non négligeable du budget a également été consacrée à l'éclairage des églises. «Les projets doivent tous faire partie de l'aire de covisibilité, explique Jessica Brouard, chargée d'étude paysage au service d'études techniques des routes et des autoroutes (Setra). Le site doit être visible de l'autoroute et que l'on voit l'autoroute du site.»

Le 1% paysage a en outre été l'occasion de tester les villages-étapes et les itinéraires de découverte. «Les itinéraires de découverte permettent de sortir de l'autoroute à un échangeur, et d'y revenir un voire deux échangeurs plus loin, continue Jessica Brouard. On peut alors visiter la région grâce à un itinéraire fléché.» Deux villages-étapes ont aussi été pris en charge par le 1% paysage, à Massiac (Cantal) et à Aumont-Aubrac (Lozère). «L'attribution du label est très porteuse, estime Guy Coumoul maire-adjoint à Massiac, puisqu'on bénéficie d'une signalisation dès l'autoroute.» Les mairies doivent tout de même faire des efforts financiers non négligeables. Ainsi, Massiac a dépensé environ 1 million d'euros sur trois ans notamment pour l'aménagement du rond-point et l'accès au village. Il faut aussi assurer la restauration et l'hôtellerie tout au long de l'année. «Le premier bilan sur l'A75 et l'A20 s'avère plutôt positif pour le tourisme, dit Frédéric Leray. Mais il n'est pas facile de mesurer l'apport de l'autoroute.»

Maintenant que l'A75 et l'A20 «ont essuyé les plâtres», selon l'expression de Jessica Brouard, une nouvelle circulaire devrait bientôt paraître. «Nous avons subi trop souvent la politique du "premier arrivé, premier servi". On s'est rendu compte que les actions les meilleures ne sont pas toujours celles qui sont récompensées.» Ainsi, le 1% paysage a trop souvent financé l'illumination des églises, et une réflexion de fond sur l'aménagement du territoire a parfois manqué. «Grâce à la nouvelle circulaire, nous allons aussi simplifier les procédures et consacrer plus d'attention au suivi des projets», explique Frédéric Leray.




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus