L'A12 divise les Yvelines

Le 22 octobre 2004 par Loïc Chauveau
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La carte des trois tracés possibles de l'A12
La carte des trois tracés possibles de l'A12

En visite début octobre sur les sites pressentis de prolongement de l'autoroute A12, Gilles de Robien, Ministre chargé des transports, a prudemment transmis le dossier à la Commission nationale du débat public (CNDP). Le tracé de ce futur axe perturbe en effet la vie locale depuis 40 ans

Entre le triangle de Rocquencourt et la ville nouvelle de Saint-Quentin- en- Yvelines, l'autoroute A12 se transforme en deux fois deux voies pour traverser une série de villes moyennes : Trappes, Elancourt, Maurepas, Coignières, La Verrière. Dès 1965, le plan Delouvrier créant les villes nouvelles de l'agglomération parisienne prévoyait de relier Saint- Quentin à Paris par l'autoroute. Quarante ans plus tard, le ministre des Transports a parcouru hier les trois derniers tronçons possibles pour le passage de cet axe. Sans pour autant pouvoir trancher. Le choix est en effet cornélien. Lors du conseil municipal de La Verrière du 29 septembre 2004, Pierre Sellincourt, maire de la ville, a résumé l'histoire pour ses administrés : « en 1965 déjà, Paul Delouvrier avait décidé de contourner les villes pour faire passer l'autoroute par la campagne environnante. C'est la solution la moins onéreuse et la moins pénalisante pour les habitants ». Les aménageurs des années 60 tracent en effet au plus court. Il n'y a qu'un seul ouvrage d'art à réaliser, un viaduc, au dessus du petit vallon du Pommeret. En 1976, ce tracé est confirmé, mais l'autoroute n'est pas encore nécessaire car Saint- Quentin sort à peine de terre. Ensuite, l'Etat se contredit. En 1983, le vallon du Pommeret est classé comme site remarquable tant pour son paysage que pour sa richesse écologique. Ce qui n'empêche pas l'année suivante de voir le Schéma directeur d'aménagement d'Ile de France confirmer le passage de l'autoroute. La création en 1985 du Parc naturel régional de la vallée de Chevreuse complexifie encore le dossier car le vallon fait partie de la nouvelle entité. En 1991, pour résoudre la contradiction et autoriser le passage de l'autoroute par le vallon, le Conseil d'Etat offre la possibilité de déclasser le site par décret.

Mais c'est trop tard. Le projet d'autoroute se concrétise. Il provoque la mobilisation d'associations de défense de l'environnement. Elles ont de solides armes juridiques. On envisage donc une solution alternative : faire passer l'autoroute sur le tracé de l'actuelle route nationale. Or, celle-ci traverse le tissu urbain. La colère des riverains est immense. La première manifestation a lieu en 1994, la dernière, le 19 septembre dernier. Et ce n'est vraisemblablement pas fini. Au milieu des banderoles hostiles à l'autoroute, tant au hameau du Pommeret que dans les villes de Mesnil- Saint- Denis et La Verrière, Gilles de Robien a pu mesurer lors de sa visite de terrain, le fossé séparant les deux parties. Les élus des villes sont menés par Jean-Michel Fourgous, député maire UMP d'Elancourt. Ils ont en charge la qualité de vie de leurs électeurs. Les élus des champs et les défenseurs de l'environnement ont à leur tête Valérie Pecresse, également députée UMP mais de la sixième circonscription des Yvelines où se trouve le vallon du Pommeret : «si l'on accepte aujourd'hui d'amputer le parc régional, il n'existera bientôt plus, affirme Valérie Pecresse. Cela créera un précédent et bientôt il y aura toujours une bonne raison pour urbaniser ces milieux naturels et agricoles » . Les deux camps sont irréductiblement campés sur leur position.

Gilles de Robien a ménagé tout le monde: « je viens sans aucun préjugé, comme quelqu'un qui cherche le meilleur tracé ». Les aspects financiers, eux, n'ont pas changé. Le passage par le vallon du Pommeret coûterait 350 millions d'euros, contre 780 millions pour un passage en tranchée couverte par le centre des villes et 1310 millions si l'on décidait de creuser un tunnel de 17 kilomètres sous la route nationale. Avec la saisie de la CNDP, aucune décision ne sera prise avant 2006. En attendant, il n'y a aucun projet d'amélioration de desserte ferroviaire de Saint- Quentin- en- Yvelines qui permettrait d'alléger la circulation sur l'A12. Matin et soir, cet axe est en effet l'un des très gros points noirs de la circulation francilienne.


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