Kyoto: un plan canadien probablement non appliqué

Le 15 avril 2005 par Claire Avignon
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Canada Kyoto
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Alors qu'en 2003, les émissions de gaz à effet de serre du Canada ont dépassé de plus de 20% le niveau de référence de 1990, l'Etat vient de publier la première phase de son Projet vert intitulé «Aller de l'avant pour contrer les changements climatiques: un Plan pour honorer notre engagement de Kyoto».

Le Canada prévoit un budget dépassant les 6,2 milliards d'euros dans les dix prochaines années pour permettre de réduire les émissions de CO2 de 270 millions de tonnes, soit 6% en dessous du niveau de référence. Le gouvernement fonde sa politique sur cinq actions. Deux d'entre elles ciblent directement les industriels. Le système des grands émetteurs finaux, visant les quelque 700 sociétés canadiennes des secteurs des mines, de la fabrication du gaz et du pétrole et de l'électricité thermique, pourrait baisser les émissions de CO2 jusqu'à 36 millions de tonnes par an de 2008 à 2012. Les constructeurs automobiles se sont engagés, par un accord volontaire passé fin mars, à diminuer de 5,3 millions de tonnes par an leurs rejets de CO2.

Avec un financement de 2,5 à 3,1 milliards d'euros sur la prochaine décennie, le Fonds réduire les émissions de CO2 de 75 à 115 millions de tonnes par an. Le Fonds est présenté comme «une institution permanente axée sur le marché pour l'achat de crédits attestant la réduction d'émissions et leur absorption au nom du gouvernement du Canada.» Il vise les industriels mais aussi les citoyens. De son côté, le Fonds du partenariat doit diminuer les rejets de gaz à effet de serre de 55 à 85 millions de tonnes par an (financement 2005 de 157 millions d'euros). Il s'agit pour le gouvernement d'investir dans des technologies comme le charbon épuré et dans la mise en place d'infrastructures. Enfin, avec ses différentes initiatives liées aux énergies renouvelables, à commencer pas des incitations fiscales, le gouvernement espère réduire de 15 millions de tonnes par an les émissions de CO2.

A peine présenté, le plan suscite beaucoup de critiques. De nombreuses associations environnementales estiment que le secteur industriel s'en sort particulièrement bien puisqu'il ne doit assumer que «15% de la facture» (système des grands émetteurs finaux et accord volontaire des constructeurs automobiles). De plus, les pouvoirs publics se sont engagés à ce que la tonne de CO2 ne dépasse pas 9,4 euros la tonne, engagement qui n'a pas été pris Outre-Atlantique. Quoi qu'il en soit, la fragilité du gouvernement actuel qui pourrait perdre les prochaines élections pourrait entraîner l'abandon de ce plan.




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