Kyoto: Quand l’EIA contredit George W. Bush

Le 09 mai 2005 par Enerpresse
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Depuis la signature de la convention cadre de l’ONU sur les changements climatiques (c’était en 1992 lors du fameux sommet de la terre à Rio), le discours officiel américain n’a pas varié d’un iota. C’est George Bush (père) qui l’a résumé ainsi: «Le mode de vie américain n’est pas négociable».

Et ses deux successeurs n'y ont rien trouvé à redire. En clair, Administration et Congrès américains sont d'accord pour lutter contre le «Global Warming»à condition que cela n'influe pas sur la compétitivité de l'économie de l'hyperpuissance mondiale. Voilà pour le principe. Concrètement, cette partition a été mise en musique par le Plan Climat, présenté par George Bush, le 14 février 2002. Globalement, les Etats-Unis s'engagent à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) de 18% en dix ans... si la croissance économique le permet. Sous-entendu, la réduction des rejets de GES coûte et seule une forte croissance peut absorber de tels surcoûts. Le problème, c'est que tout le monde n'est pas de cet avis. Ainsi, le sénateur démocrate Jeff Bingaman a-t-il récemment soutenu un contre-programme climatique, élaboré par la Commission nationale pour une politique énergétique (NCEP en anglais), un «think tank»spécialisé dans ces questions. Prudent, l'élu du Nouveau-Mexique a fait expertiser le programme de la NCEP par l'EIA, l'administration en charge des statistiques sur l'énergie.

Une bonne idée, car l'EIA trouve que le programme, à base de quotas d'émissions de CO2, d'efficacité énergétique des véhicules, de nouvelles réglementation thermique des bâtiments, de gazéification du charbon, de séquestration du carbone, et de promotion du nucléaire et des ENR est plutôt bon. Mieux, il ne coûte pas cher. En vingt ans, «le programme de la NCEP ne coûterait pas plus de 0,15% du PIB ou 87 dollars par foyers et par an. Dans le même temps, le PIB devrait avoir progressé de 87%»,affirme l'EIA. Malgré une hausse de 22% de la consommation, «les prix de l'électricité ne progresseront que de 5%» du fait de la mise en pratique des mesures climatiques. Le tout en réduisant les émissions américaines de gaz carbonique de 5,2%, dès 2015, et de 9,8% en 2025. Bref, même pour l'administration américaine, la lutte contre le changement climatique n'est pas hors de prix. Il va falloir faire passer le message à la Maison Blanche.




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