Kyoto: l’Union européenne passera à côté de sa cible

Le 21 août 2006 par Laure Pollez
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La Commission européenne publie un rapport sans appel à propos de la politique énergétique des Vingt-Cinq: les politiques actuellement en vigueur sont loin d’être conformes aux objectifs affichés.

Si l'Union européenne (UE) continue comme elle est partie, elle ne remplira aucun des objectifs proclamés, à moyen terme, pour la prévention du réchauffement climatique. C'est un récent rapport de la direction générale (DG) chargée des transports et de l'énergie de la Commission européenne, elle-même, qui le dit. Cette étude, qui tente de dessiner l'horizon 2030 à partir des politiques menées actuellement dans les Etats membres, est en fait l'actualisation d'un travail mené en 2003. L'horizon s'est un peu éclairci depuis lors, mais les prévisions restent tout à fait pessimistes.

L'UE prétend atteindre, en 2010, une pénétration minimale de 12% des sources d'énergie renouvelables dans l'Union européenne? Avec les politiques actuelles, le taux d'énergie renouvelable dans la consommation finale de l'Union n'atteindra pas 8% dans quatre ans. En fait, en l'état actuel des choses, cet objectif ne peut être atteint qu'en 2030.

Les biocarburants, par exemple, sont à la traîne: ils devraient couvrir seulement 4% de la consommation de carburant en 2010, contre 5,75% prévus. Il faudra attendre 2015 pour atteindre cet objectif, et la progression devrait se poursuivre pour dépasser 8% en 2030.

Les Vingt-Cinq souhaitent réduire leur consommation énergétique de 20% d'ici 2020? Pour l'instant, la tendance est inverse: en 2030, la consommation sera 15% plus élevée qu'en 2000. Cette hausse sera surtout absorbée par le gaz naturel et les énergies renouvelables, qui sont les seules sources d'énergie dont les parts de marché vont augmenter.

Pire, mais logique: dans les années à venir, les émissions de CO2 de l'Union européenne ne seront pas réduites par rapport à 1990, comme le prévoit le protocole de Kyoto. Elles ne seront même pas stabilisées et continueront d'augmenter (+3% en 2010 par rapport à 1990 et +5% en 2030). Et ce ne sera pas la faute des nouveaux Etats membres: dans ces pays, même si les émissions de CO2 augmentent à nouveau depuis 2000, en 2030, elles seront encore inférieures de 9% à celles de 1990. A moyen terme, ce sont les 15 Etats de l'ouest du continent qui le poussent à sa perte: émissions en hausse de 7% en 2010 (par rapport à 1990) et de 8% en 2030 (Kyoto visait plutôt une baisse de 8% d'ici 2012).

Dans ce sombre constat, quelques bonnes nouvelles, cependant: la Communauté européenne semble être parvenue à «découpler» la production de richesse de la hausse des besoins énergétiques (le PIB européen augmentera de 79% d'ici 2030, pour une hausse de 15% de la consommation d'énergie). Il en est de même pour les émissions de carbone par rapport à la hausse de la consommation d'énergie: les premières augmentent moins vite que les secondes. Cette évolution devrait toutefois s'essouffler en 2020, alors que le nucléaire devrait reculer, peut-être au profit du charbon.

La conclusion est donc sans appel: l'Europe est encore loin d'avoir relevé les défis qui se posent à elle en termes de politique énergétique, d'efficacité, de réduction des gaz à effet de serre et de dépendance énergétique. Celle-ci sera d'ailleurs encore plus importante (augmentée des deux tiers) en 2030, souligne le rapport.




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