Kyoto et l’industrie italienne

Le 24 mai 2006 par Enerpresse
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L’association patronale italienne, la Confindustria, a beau vouloir relancer la stratégie de Lisbonne de l’autre côté des Alpes, en incluant dans ses trois priorités l’énergie, les difficultés s’accumulent, notamment dans l’électricité.

La compagnie nationale d'électricité italienne, l'Enel, vient d'augmenter d'environ 2% les factures des entreprises transalpines, fin mars, soit 1,67 euro par mégawattheure (MWh). Argument invoqué: les coûts liés à la directive européenne sur les émissions de gaz à effet de serre. Une hausse «prévue dans les clauses contractuelles», insiste l'électricien italien, mais largement contestée par Confindustria. Emma Marcegaglia, sa vice-présidente, a ainsi écrit à l'administrateur délégué de l'Enel, Fulvio Conti, pour lui faire part de son désaccord, rapporte le quotidien économique transalpin, Il-Sole-24-Ore. Et d'insister sur le fait que les entreprises italiennes paient déjà leur courant 25 à 30% plus cher que leurs homologues européennes. Des arguments entendus par l'Enel, qui se retranche cependant derrière la législation. D'autant que, contrairement à nombre d'électriciens en Europe, le groupe italien a dépassé ses quotas d'émissions de quelque 8 millions de tonnes pour la première année du marché du CO2.

En outre, l'électricien juge que cette hausse «correspond exactement au coût supplémentaire», alors que les contrats l'auraient autorisé à procéder à une augmentation de 3 euros/MWh. En plus, ajoute l'Enel, ce surcoût est très réduit par rapport à d'autres pays, où le prix du quota de CO2 a été largement transféré dans le coût de l'électricité en gros. Ainsi, en Allemagne, souligne l'Enel, «le surcoût lié au marché du dioxyde de carbone est évalué à environ 13 euros/MWh en 2005». Pas suffisant cependant pour faire baisser la pression des entreprises, et notamment des grossistes du marché transalpin, qui jugent ce «surcoût insupportable», et pesant comme un frein sur la reprise de l'économie italienne. D'autant, notent les experts, que d'autres producteurs présents sur le marché italien, comme Edison ou encore Electrabel, ont choisi, pour le premier de transférer de manière moindre ce coût du dispositif CO2, et pour le second de ne pas le transférer du tout. Et les PME-PMI d'apporter leur soutien au patronat. La Confartigianato estime à 20 millions d'euros le surcoût payé en 2005 par ses 520.000 sociétaires.




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