Kill the EPA

Le 18 août 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Pour Michele Bachmann, le climat, c'est du vaudou.
Pour Michele Bachmann, le climat, c'est du vaudou.

Les candidats à l'investiture républicaine rêvent de fermer l’agence de protection de l’environnement. Un nouvel argument de campagne qui s’ajoute à la classique négation des changements climatiques.

Les politiciens du parti républicain américain sont connus pour se soucier de l’environnement comme de leur premier bulletin de vote. Aussi rien d’étonnant à ce qu’aucun des sites des principaux prétendants du Grand Old Party (GOP) à la Maison blanche n’y fasse mention.
 
La baisse des prix de l’essence, la suppression du nouveau système d’aide sociale (l’horrible «Obamacare», comme l’ont rebaptisé les militants du Tea Party) ou la baisse drastique des dépenses publiques sont des thèmes bien plus mobilisateurs pour les futurs challengers de Barack Obama, lors des élections présidentielles du 6 novembre 2012.
Rien de nouveau sous le soleil américain, penserez-vous. Et pourtant. Il est un point de la politique environnementale fédérale sur lequel se retrouvent la plupart des candidats républicains déclarés: l’Environmental Protection Agency (EPA, l’agence fédérale de protection de l’environnement).
 
Dirigée par la très compétence Lisa Jackson, l’institution créée par le très républicain président Nixon est sous le feu «éléphantesque» (le pachyderme est la mascotte du GOP) depuis le démarrage de la campagne. Pour Michele Bachmann, elle n’est qu’une «job killing agency». La députée du Minnesota promet d’ailleurs de fermer l’agence dès son accession à la présidence: «Je vous garantis qu’ils [les fonctionnaires de l’EPA] trouveront les volets fermés et les lumières éteintes. Ils pourront alors en faire des économies d’énergie», a-t-elle annoncé, le 6 août, lors d’un déplacement à Cedar Rapids (Iowa).
 
Vieux routier des élections suprêmes, Ron Paul n’y va pas par quatre chemins. Le libertarien propose ni plus ni moins que «d’éliminer l’inefficace EPA». L’ancien gynécologue suggère, en revanche, que les pollueurs «s’entendent directement avec les propriétaires des terrains qu’ils auront souillés». Simple et sûrement très efficace.
 
Magnanime, Rick Perry est prêt à accorder son pardon aux fonctionnaires de l’agence. Le gouverneur du Texas n’entend pas fermer leur institution, mais juste l’empêcher d’édicter et de faire respecter la moindre réglementation. Car, comme sa principale rivale, l’ancien démocrate (il soutint la candidature d‘Al Gore, en 1988) en est certain: la réglementation «tue des emplois dans toute l’Amérique».
 
Aux yeux de ses collègues républicains, Mitt Romney doit apparaître comme un dangereux écolo. L’ancien gouverneur du Massachussetts reproche peu de chose à l’EPA. Pis: il la soutient. Notamment lorsque l’agence fédérale fixe des normes sur «ces polluants de l’air ou de l’eau qui affectent notre santé ou celle de nos enfants.» En revanche, lorsque le ministère américain de l’environnement s’occupe de vouloir réguler les émissions de CO2, «il commet là une erreur». Ce qui n’a pas toujours été sa position d’ailleurs. Il y a quelques semaines encore, le play boy de la campagne soutenait même le projet de marché fédéral de quotas de CO2.
 
CO2… un quasi gros mot dans la bouche des militants du GOP depuis au moins deux scrutins présidentiels. Leurs représentants ne s’y trompent d’ailleurs pas. Après Mitt Romney, Ron Paul est le moins virulent des anti-climat. Malgré son bagage, il estime que les preuves scientifiques des changements climatiques ne sont pas encore réunies. Et que de toutes façons, l’important est de préserver la liberté individuelle et le mode de vie américain.
 
Rick Perry en est persuadé: Al Gore est le grand prêtre du «clergé séculier du carbone». Traduisez: l’ancien vice-président, ardent partisan de la lutte contre les changements climatiques, est un sataniste dont il faut combattre la foi avec la dernière des énergies. Joignant le geste à la parole, l’auteur de Fed Up! a organisé, le 7 août, un marathon de prière dans un stade de Houston (30.000 fidèles avaient répondu à l’appel) pour appeler la pluie sur le Lone Star State. Sans succès, jusqu’à présent. Quant aux climatologues: ils ne valent guère mieux que l’ex-numéro deux de la Maison blanche. Accusés de falsifier leurs données: ils noirciraient le tableau climatique pour s’attirer les bonnes grâces des mécènes.
 
Pour Michele Bachmann, les choses sont beaucoup plus simples encore. «Le changement climatique, feint-elle de s’interroger, c’est du vaudou, du non-sens, une absurdité, un canular.» Le système d’échange de permis d’émission de CO2? «une tyrannie», répond la fiscaliste.
 
Pas de doute, le débat va encore voler très haut lors des prochaines élections américaines.
 


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