Keystone XL refait surface

Le 04 mars 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le tronçon proposé aujourd'hui est beaucoup moins long que le précédent.
Le tronçon proposé aujourd'hui est beaucoup moins long que le précédent.

Comme prévu, le secrétariat d'Etat américain vient de publier l'étude d'impact du projet d'oléoduc géant devant relier les sables bitumineux de l'Atabasca au réseau de pipelines descendant jusqu'aux raffineries du Texas. C'est désormais à Barack Obama de prendre sa décision, probablement à l'automne. 

Pendant les discours, les affaires continuent. Quelques semaines à peine après que le président des Etats-Unis a classé la lutte contre les changements climatiques au rang de priorité de son second mandat, voilà que resurgit le Keystone XL.

En fin de semaine dernière, le département d’Etat a rendu publique l’évaluation de l’impact environnemental de la construction et de l’exploitation de cet oléoduc géant: un projet qui empoisonne les relations entre la Maison blanche et les écolos US et avec le Canada.

D’un diamètre de 760 millimètres, le tronçon américain de ce pipeline doit acheminer 830.000 barils de brut par jour, depuis les sables bitumineux de l’Atabasca (Canada) jusqu’à Steele City (Nebraska), lieu de raccordement à d’autres pipes qui alimentent les raffineries du Texas. Coût du tuyau: 3,3 milliards de dollars (2,5 milliards d’euros)

Il y a un an, Barack Obama avait rejeté un premier tracé, proposé par l’opérateur canadien TransCanada, pour les risques qu’il faisait courir à des aquifères situés dans le sous-sol du Nebraska [JDLE]. Le président américain avait donné un an au secrétariat d’Etat (compétent lorsqu’il s’agit d’infrastructures transfrontalières) pour réaliser l’étude d’impact d’un nouveau projet. C’est chose faite.

En résumé, Keystone XL traversera trois Etats, sur un millier de kilomètres, soit 800 km de moins que le premier tracé. Son enterrement à une dizaine de mètres de profondeur bouleversera 6.269 hectares, dont 2.000 de terres agricoles. Son tracé coupera un millier de cours d’eau, une quarantaine de kilomètres de zones humides. Il se situera à proximité de 2.537 puits et 39 captages d’eau potable.

Sur la distance, une dizaine de zones écologiquement remarquables seront touchées, dont celles abritant Nicrophorus americanus (un scarabée rarissime), Centrocerus urophasianus (une sorte de tétras) ou Platanthera leucophaea (orchidée en voie d’extinction).

La construction du tube devrait produire 240.000 tonnes équivalent CO2, contre 3,2 Mtéq.CO2/an pour son exploitation.

Bien évidemment, le rapport de 2.000 pages ne prend pas parti. Et chaque partie prenante voit dans sa publication ce qu’il veut bien y voir. Certains, comme le patron de TransCanada, Russ Girling, estime qu’il s’agit là d’un pas important vers le feu vert donné au projet. Barbara Boxer, sénatrice démocrate ayant récemment déposé une proposition de loi visant à instaurer une taxe carbone, a fait part de son inquiétude [JDLE].

Une seule chose est certaine: Barack Obama se donne le temps de la réflexion. Selon la presse américaine, aucune décision n’est à attendre avant le mois de septembre. Une petite piste, peut-être? Le rapport du département d’Etat rappelle que le brut issu des sables de l’Atabasca émet 17% de plus de gaz à effet de serre que les bruts lourds habituellement craqués dans les raffineries américaines.



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