Keystone XL pas si mauvais pour le climat selon le département d’Etat américain

Le 03 février 2014 par Marine Jobert
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Le pipeline mesure 77 cm de diamètre.
Le pipeline mesure 77 cm de diamètre.
DR

Qu’il «n'exacerbe pas de façon significative le problème climatique». Voilà la condition mise par Barack Obama, il y a deux ans, à son approbation du projet d’oléoduc Keystone. Un rapport rendu par l’administration américaine a estimé le 31 janvier que ce pipeline, qui permettrait d’acheminer 830.000 barils de brut par jour, depuis les sables bitumineux de l’Atabasca (Canada) jusqu’à Steele City (Nebraska,) n'aurait pas d'impact environnemental majeur, en particulier sur le climat. «Si le président Barack Obama veut pouvoir dire à ses enfants qu'il a fait tout en son pouvoir pour combattre les changements climatiques, il doit rejeter ce projet car il s'agit d'une ramification de la plus grande bombe de carbone de la planète», a estimé Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat et énergie de Greenpeace au Canada. Le républicain Bobby Jindal, gouverneur de la Louisiane, considère lui qu’«à moins que ce ne soit purement idéologique, Obama n’a plus aucune raison de s’opposer au projet. C'est un dossier absolument crucial, une énergie domestique abordable, bon marché, qui est absolument nécessaire pour relancer notre économie. C'est aussi simple que cela», a-t-il ajouté sur CNN.

 

Si les écologistes craignent des risques de fuite le long du tracé, c’est surtout la nature des hydrocarbures transportés qui les hérisse. Les émissions liées à l'extraction de pétrole brut sont ainsi estimées à 87,5 grammes d'équivalent CO2 par mégajoule, l'huile de sable bitumineux à 107 g, l'huile de schiste à 131,3 g, le charbon transformé en fuel liquide à 172 g, le gaz naturel converti en fuel liquide à 97 g et les déchets de plastique à 86 g. Un précédent rapport du département d’Etat, en mars 2013, rappelait que le brut issu des sables de l’Atabasca émettait 17% de plus de gaz à effet de serre que les bruts lourds habituellement craqués dans les raffineries américaines. L'étude qui vient d’être publiée souligne que, sans le nouvel oléoduc, le pétrole canadien serait de toute façon exporté ailleurs qu'aux Etats-Unis, sans affecter les volumes et les émissions de gaz à effet de serre.

 

Le président Obama n’a pas fait montre d’un enthousiasme démesuré dans ce dossier. En juillet 2013, dans un entretien accordé au New York Times, il avait torpillé un à un les arguments des républicains, tant sur les bénéfices en termes d’emplois -«Il n’y a aucune preuve que ce soit vrai»- que sur les retombées économiques -«Ce pétrole va être envoyé vers le golfe de Mexico pour être vendu sur les marchés pétroliers mondiaux, ce qui ne va pas engendrer de baisses des prix du gaz ici aux Etats-Unis». Il s’était montré en revanche plus prudent sur le bilan climatique du pipeline.

 

A la Maison-Blanche, on temporise, en insistant sur les prochaines analyses à venir, émanant d’experts de l'Agence de protection de l'environnement (EPA), du ministère de l'énergie et d'autres agences gouvernementales. Le secrétaire d’Etat John Kerry doit se prononcer d’ici 90 jours; c’est Obama qui tranchera in fine.

 

 

 

 



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