Jussieu: dérapage des coûts et du calendrier

Le 03 mars 2005 par Claire Avignon
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campus Jussieu
campus Jussieu

La Cour des comptes vient de présenter son rapport public 2004. L'institution est revenue sur le désamiantage et la rénovation du campus de Jussieu, des opérations qui continuent à être particulièrement mal menées.

Le désamiantage de l'université de Jussieu a été décidé en 1996. D'abord estimée à 2003, la fin des travaux de devrait finalement avoir lieu en 2012 et la rénovation globale achevée en 2017. Les procédures, les délais et certains coûts n'ont pas été suffisamment maîtrisés, selon la Cour des compte. Elle rappelle dans son rapport qu'en 1999, elle «avait attiré l'attention du ministère chargé de l'éducation sur les risques d'une opération conduite en l'absence d'une programmation d'ensemble des travaux.» Mais les recommandations n'ont pas été prises en compte. Ainsi, la fonction de maîtrise d'ouvrage a été exercée par les universités, le rectorat et l'Etablissement public du campus de Jussieu (EPCJ). En outre, les travaux ont été lancés en se fondant sur des «études préalables insuffisantes» et sur une «sous-évaluation de l'ampleur et de la consistance des travaux à entreprendre et de leur coût.» Alors que le coût des travaux a été évalué à 134,2 millions d'euros en avril 1996, l'estimation est passée à 681,5 millions d'euros en 2001, puis 800 millions d'euros en 2002. Soit une hausse en euros constants de 25% sur un an.

Le coût des relogements, mais surtout de la mise en conformité des bâtiments avec la réglementation en matière de sécurité sont aussi à l'origine de cette inflation. Là encore, les travaux n'ont pas été appréciés à leur juste niveau. La Cour des comptes conclut d'ailleurs que «l'imprévoyance et de graves défaillances ont caractérisé le traitement de ce dossier.» En 1999, des études ont montré que la stabilité au feu des bâtiments n'était que d'un quart d'heure alors que la norme prévoit une stabilité minimale d'une heure et demie. En 2000, une réunion interministérielle a alors décidé de financer les travaux nécessaires. Réalisés en 2001 pour un coût de 1,6 million d'euros, ils se sont avérés insuffisants. Ainsi, en mai 2002, le préfet de police a exigé des travaux complémentaires pour lesquels l'EPCJ a reçu en 2003 6 millions d'euros en autorisations de programme et 3 millions en crédits de paiement.




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