Jusqu’à 90 perturbateurs endocriniens dans les rivières françaises

Le 16 avril 2019 par Stéphanie Senet
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En tête du palmarès: le glyphosate et deux herbicides interdits depuis 2003
En tête du palmarès: le glyphosate et deux herbicides interdits depuis 2003
Romuald Toussaint (Lamballe Communauté)

 

Les rivières françaises brassent en moyenne 41 pesticides suspectés d’être des perturbateurs endocriniens par département, révèle un rapport publié ce 16 avril par l’association Générations futures. Le Calvados détient le record avec 90 substances.

Glyphosate, atrazine, métolachlore... Si la présence de pesticides dans les eaux de surface est connue, cette étude précise l’étendue de la contamination par des substances suspectées d’être des perturbateurs endocriniens (PE). Basée sur les données des agences de l’eau[1] de 2015[2], elle révèle que chaque département[3] en compte en moyenne 41 dans ses rivières.

 

De 4 à 90 substances

Avec des différences notables selon les départements. La Corse du Sud n’en affiche que 4. Le Calvados en compte 22 fois plus (90 substances). Une série de cartes montre l’étendue des contaminations par substance. 

 

Glyphosate en tête

Herbicide préféré des agriculteurs, le glyphosate de Monsanto est présent dans 37 départements, dont la Seine à Paris. Il est suivi par l’atrazine-déséthyl (30 départements) et le métolachlore (15 départements), deux herbicides interdits depuis 2003. Au total, l’association Générations futures a recherché, sur l’ensemble du territoire, 232 substances actives ou de métabolites pouvant avoir des propriétés de perturbateur endocrinien[4].

 

Données manquantes

Présents dans les pesticides, mais aussi les détergents, plastiques, peintures, cosmétiques et textiles, les PE sont des substances ou des mélanges chimiques interférant avec le système hormonal. Avec des effets négatifs potentiels sur la croissance, la fertilité et le comportement. Ils peuvent aussi provoquer certains cancers. En l’absence de liste officielle, l’ONG s’est servie de la base de données TEDX, qu’elle considère comme la plus complète. La France s’est engagée à les classer d’ici 2021 en trois catégories (suspecté, présumé et avéré). «Il est plus que temps d’agir. Notre environnement et la biodiversité souffrent de ces expositions à de trop nombreux polluants», a déclaré François Veillerette, directeur de Générations futures.

 

Riverains contaminés / 81% des pesticides détectés dans les cheveux de riverains de domaines viticoles sont classés CMR (cancérigènes possibles, reprotoxiques possibles et perturbateurs endocriniens suspectés), alerte l’enquête Apache 2. Réalisée par le collectif Info Medoc Pesticides (CIMP) et l’association Eva pour la vie (EPLV), cette étude a été menée auprès de 20 personnes volontaires (5 enfants et 5 femmes enceintes habitant entre 2 et 50 mètres d’un domaine et 10 travailleurs des vignes). Sur les 30 pesticides recherchés, 53% ont été détectés et 56% des détectés ont été quantifiés.

 



[1] Base de données Naïades

[2] pour obtenir des données complètes sur l’ensemble des départements

[3] l’étude cible la France métropolitaine, ainsi que la Martinique et la Réunion

[4] recherchés au moins une fois par département



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