Juncker et Macron au chevet du climat

Le 23 mars 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'Europe entend réduire de 40% ses émissions de GES entre 1990 et 2030.
L'Europe entend réduire de 40% ses émissions de GES entre 1990 et 2030.

Alors que les émissions carbonées mondiales repartent à la hausse, les présidents Juncker et Macron proposent quelques solutions.
 

 

Jeudi 22 mars, à quelques heures de l’ouverture d’un Conseil européen, les présidents de la Commission européenne et le président français étaient les guest stars d’une conférence sur la finance verte, à Bruxelles.

L’occasion pour Jean-Claude Juncker de dresser un bilan mitigé de la politique climatique communautaire. Après avoir réduit de 23% ses émissions entre 1990 et 2020, l’Europe entend les diminuer de 40% d’ici 2030. «Nous nous sommes dotés d'un cadre législatif innovant afin d'atteindre cet objectif en stimulant les investissements dans tous les secteurs en transition et en incitant les investisseurs privés à participer à cette dynamique. Mais la vérité est que tous ces efforts ne suffiront pas pour atteindre nos objectifs. Il nous faut faire bien davantage et le faire maintenant», a estimé l’ancien Premier ministre luxembourgeois.

Quel budget pour l’Europe?

Message reçu par le président français. Dans son discours, Emmanuel Macron a fait trois propositions à ses 26 homologues de l’UE. D’une part, consacrer 40% des dépenses du prochain budget communautaire à la transition écologique: «Ce serait ambitieux au regard de ce qui est aujourd’hui mesuré, mais atteignable et cela nous permettrait de se fixer une règle commune.» Reste à savoir ce que le locataire de l’Elysée mettra dans la catégorie ‘transition écologique’. Pour mémoire, 41% des crédits du budget 2015-2020 de l’UE (soit 60 milliards d’euros) sont déjà catalogués ‘croissance durable’.

Taxe aux frontières

Qu’à cela ne tienne, l’ancien ministre de l’économie français propose d’accroître les ressources propres pour le budget européen. Et pour ce faire, il remet sur la table l’idée de la taxe carbone aux frontières: projet déjà avancé en son temps par Nicolas Sarkozy. L’idée n’est donc pas nouvelle. Mais avec les germes de guerre commerciale semés ces dernières semaines par l’administration Trump, elle peut désormais séduire plus de chancelleries européennes qu’autrefois.

N'oubliant sans doute pas les polémique autour de la conclusion de l’accord commercial signé entre l’Union européenne et le Canada (Ceta), le président de la République appelle à ce que «tout signataire d’un accord commercial avec l’Union européenne s’engage à mettre en œuvre dans la pratique l’Accord de Paris sur le climat».

Prix plancher du carbone

Last but not least, le chef de l’Etat veut aussi fixer un prix plancher aux quotas d’émission de gaz à effet de serre de l’ETS. «Nous aurons des résistances mais ce sera le seul moyen de faire émerger des énergies plus décarbonées et plus décentralisées, avec une stratégie d'accompagnement pour les territoires qui en subiront les conséquences», a-t-il dit.

Cela sera-t-il suffisant pour convaincre les décideurs et les gouvernements de l’UE? Pas sûr. En revanche, les scientifiques ont déjà tranché. Avec la reprise de l’économie mondiale, la consommation d’énergie a progressé de plus de 2% l’an passé, indique l’Agence internationale de l’énergie (AIE), dans un rapport publié jeudi.

Budget carbone

Les trois quarts de cette croissance ont été satisfaits par des énergies fossiles[1]. Fort logiquement, les émissions anthropiques de gaz carbonique ont progressé de 1,4% entre 2016 et 2017, atteignant 32,5 milliards de tonnes: record absolu! Or, comme le rappellera le prochain rapport du Giec[2], à paraître en octobre, nous disposons d’un budget carbone global compris entre 390 et 590 milliards de tonnes de CO2 pour stabiliser le réchauffement à 1,5°C. Au rythme actuel, il sera épuisé dans 12 à 18 ans.



[1] La demande de pétrole a progressé de 1,6 % ; celle de charbon de 1 % et celle de gaz de 3 %.

[2] Giec: Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat

 



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