Joggeur envasé: la justice laisse le doute planer

Le 12 décembre 2016 par Stéphanie Senet
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La baie du Gouessant où est décédé le joggeur quinquagénaire le 8 septembre
La baie du Gouessant où est décédé le joggeur quinquagénaire le 8 septembre

Quelle est la cause de la mort du joggeur retrouvé envasé le 8 septembre dans l’estuaire du Gouessant (Côtes d’Armor)? Le procureur de la République de Saint-Brieuc s’est refusé à trancher, le 9 décembre, suite à l’autopsie.

 

«Les causes de la mort ne peuvent être clairement déterminées», a conclu Bertrand Leclerc dans un communiqué. Le procureur de Saint-Brieuc a ajouté qu’il s’agissait des conclusions exactes du rapport des légistes. «L’aspect des poumons est compatible avec une asphyxie œdémateuse pouvant survenir sous l’effet de toxiques, dont l’hydrogène sulfuré [dégagé par la décomposition d’algues vertes, ndlr], aussi bien que d’une privation brutale d’oxygène résultant d’un arrêt cardiaque», explique le parquet.

Le joggeur de 50 ans a été retrouvé allongé face contre terre dans cette baie où avaient péri 36 sangliers, en juillet 2011, «après avoir vraisemblablement inhalé de l’hydrogène sulfuré» selon l’avis de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris).

 

Des vasières toxiques

Les analyses de vases ont toutefois révélé la présence d’hydrogène sulfuré «à des concentrations significatives variables selon la profondeur» et, à certains endroits, dans des proportions supérieures «à plus de 1.000 parties par million (ppm)». Selon les scientifiques, le dépassement du seuil de 500 ppm peut provoquer une perte rapide de connaissance, accompagnée de troubles respiratoires, pouvant aller jusqu’à la mort si l’exposition à l’hydrogène sulfuré n’est pas interrompue.

Mais le lien n’étant pas prouvé formellement, le dossier ne sera pas transmis au pôle dédié à la santé publique du parquet de Paris.

«La toxicité ainsi révélée des vasières du Gouessant paraissant constituer un risque réel pour la santé publique, le procureur de la République a transmis ces éléments au préfet des Côtes d’Armor», ajoute toutefois le communiqué. Le parquet se réserve aussi la possibilité de mener des investigations complémentaires, sans donner davantage de détails pour l’instant.

 

Des associations en colère

Si l’autopsie a été réalisée, c’est parce qu’elle a été réclamée par deux associations de défense de l’environnement, dont Halte aux marées vertes. Pour André Ollivro, son président, la responsabilité des algues vertes dans la mort du joggeur ne fait pas de doute. «Le procureur reconnaît que la zone est dangereuse, que le seuil de 1.000 ppm d’hydrogène sulfuré a été observé et qu’il y a eu un œdème du poumon. Tous les ingrédients sont réunis pour expliquer un décès par émanation d’H2S», explique-t-il au JDLE.

L’affaire risque pourtant d’en rester là. A moins qu’une suite ne soit donnée à la plainte déposée le 23 septembre par les associations Halte aux marées vertes et Sauvegarde du Trégor auprès du parquet de Saint-Brieuc.

 

 



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