JO-2024: un projet autoroutier devant la justice

Le 06 mars 2020 par Victor Miget
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Ce projet à 85 millions d’euros vise à fluidifier la circulation et à faciliter l'accès aux infrastructures olympiques.
Ce projet à 85 millions d’euros vise à fluidifier la circulation et à faciliter l'accès aux infrastructures olympiques.
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A Saint-Denis (93), des associations de riverains et de parents d’élèves s’inquiètent des émissions polluantes d’un futur échangeur autoroutier.

 

Les Jeux Olympiques de 2024 ne feront pas que des heureux. Des membres de la Fédération de parents d’élèves de la Seine Saint-Denis (FCPE 93), l'association «Vivre à Pleyel» et treize autres personnes, ont saisi la justice en janvier contre un arrêté de la préfecture d'Ile-de-France. Les requérants demandent à la Cour administrative d’appel de Paris l’annulation de cet arrêté. Une première audience s’est tenue ce vendredi 6 mars. La décision du tribunal sera rendue le 19 mars.

Datant du 22 novembre 2019, cet arrêté déclarait d’intérêt général des travaux d’aménagements du système d’échangeurs des autoroutes A86 à Pleyel et A1 à Porte de Paris à Saint-Denis (93). Objectif de ce projet à 85 millions d’euros: fluidifier la circulation et les accès à de nouvelles infrastructures. La ville accueillera le futur village olympique (51 hectares) et une zone d’activité concertée. Des projets en partie gérés par la Plaine Commune et la Solideo, la société de livraison des ouvrages olympiques.

Les requérants contestent le projet en raison de la pollution de l’air qu’entraînerait le nouveau trafic automobile. A proximité du futur échangeur se trouve un groupe scolaire de 700 élèves ainsi qu’une crèche. L’avocat des requérants, Coline Robert a dénoncé un projet «inacceptable en l’état», rapporte l’AFP.

Une enquête publique jugée incomplète

Le programme avait fait l'objet d'une enquête publique en mai et juin 2019. Mais «les effets sur la santé ont ainsi été minimisés, laissant craindre des impacts sanitaires bien plus importants dans cette zone densément peuplée», estime dans un communiqué le comité de vigilance JO-2024.

D’après l’avis de l’Autorité environnementale (Ae), si certains points devaient être complétés, l’étude d’impact avait été bien menée. Dans le dossier d’enquête publique ont peut lire que pour tous les composés le scénario 2030 avec projet est moins émetteurs que le scénario sans projet. «Le projet constitue une amélioration en ce qui concerne les émissions atmosphériques». Mais et c’est là la source d’inquiétude des requérants : «malgré une diminution globale des concentrations en dioxyde d’azote à l’horizon futur, certains sites sensibles, (notamment l’école maternelle Pleyel et l’école élémentaire Anatole France) connaîtront des dépassements de la valeur limite horaire pour le scénario avec projet», poursuit le dossier.

L’Ae demandait aussi à ce que soient précisées les mesures pour «traiter les points noirs bruit créés par le projet». Elle invitait également «l'ensemble des acteurs concernés (maître d'ouvrage, Etat, collectivités)» à «mettre en place des mesures de réduction des risques sanitaires, notamment au sein des établissements sensibles».

Contactées par Le Journal de l’environnement, ni la Direction des routes d’Île-de-France, ni les associations n’ont donné suite à nos demandes d’interviews.