Jim Hansen prend une retraite active

Le 02 avril 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le climatologue américain va continuer à dénoncer les consommateurs de charbon.
Le climatologue américain va continuer à dénoncer les consommateurs de charbon.

A l’annonce de la nouvelle, les patrons de la Nasa ont sûrement poussé un ouf de soulagement. Après 46 ans de bons et loyaux services, James Hansen a fait valoir ses droits à la retraite.

Agé de 72 ans, le charismatique patron de l’institut Goddard d’études spatiales (Giss) laisse la place, le temps d’un intérim, à Peter Hildebrand. Peu connu en France, «Jim» Hansen est une personnalité forte dans le monde de la climatologie.

Entré à l’agence spatiale américaine en 1967, ce natif de l’Iowa commence par étudier Vénus. La planète chaude l’a-t-elle incité à s’intéresser au réchauffement de notre orange bleue? Probable. Durant les années 1970, il s’acharne à comprendre et à modéliser le système climatique, terrestre, cette fois.

Alors que la Nasa s’enorgueillit de ses succès spatiaux et lunaires, James Hansen est l’un des premiers à étudier, au sein de l’agence, l’impact de la concentration croissante des gaz à effet de serre. Son travail reste largement méconnu jusqu’au 23 juin 1988.

Appelé à témoigner devant le comité de l’énergie et des ressources naturelles du sénat US, il annonce que les activités humaines ont généré un changement climatique. «Le réchauffement global a atteint un tel niveau que nous pouvons attribuer avec un haut niveau de confiance une relation de cause à effet entre l’effet de serre et le réchauffement observé. C’est en train de se produire», affirme-t-il à des sénateurs un peu interloqués. Depuis son témoignage, la planète a connu les 19 années les plus chaudes jamais enregistrées depuis 1880.

Avec son équipe du Giss, il tient à jour le livre comptable des anomalies climatiques de la planète et livre, chaque mois, son diagnostic sur les affaires du climat. Régulièrement, le physicien s’alarme de l’inaction des politiques face à l’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre et aux conséquences qui en découlent. Il finit par qualifier les compagnies électriques et les industriels consommant du charbon de «criminels contre l’humanité».

L’administration Bush s’inquiète de son aura auprès de certaines organisations écologistes. En 2005, la Maison blanche réécrit certaines de ses notes et tente de limiter son accès aux journalistes. Le scientifique crie à la censure. Les Républicains reculent. Quelques mois plus tard, Time Magazine l’intègre dans son classement des hommes ayant le plus d’influence dans le monde.

Ces dernières années, le scientifique s'est fait plus politique. On ne compte plus le nombre de manifestations contre les centrales à charbon, l’exploitation des sables bitumineux, le projet d’oléoduc Keystone, auxquelles Hansen participe. Pour finir, parfois, dans le panier à salade des policiers locaux.

Bardé d’honneurs et de médailles, James Hansen ne compte pas prendre une retraite passive. Il veut devenir un activiste du climat à plein temps. «Comme fonctionnaire, je n’avais pas le droit de témoigner contre le gouvernement», explique-t-il dans un entretien accordé au New York Times. Voilà le gouvernement Obama prévenu.



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