Jean Jouzel: «La France n’échappera pas au réchauffement climatique»

Le 08 septembre 2014 par Stéphanie Senet
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Coordonné par Jean Jouzel, le nouveau rapport de l'Onerc précise les effets régionaux
Coordonné par Jean Jouzel, le nouveau rapport de l'Onerc précise les effets régionaux

Dans un rapport remis le 6 septembre au ministère de l’écologie, l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (Onerc) précise concrètement la hausse des températures et des événements climatiques extrêmes attendue dans l’Hexagone d’ici la fin du siècle.

«Ce nouveau rapport sur les scénarios régionalisés montre de façon plus concrète les effets du réchauffement climatique en France et améliore les prévisions régionales, à une résolution de l’ordre de 12 kilomètres», explique au JDLE le climatologue Jean Jouzel, coordinateur de cette étude réalisée à partir des modèles hexagonaux développés par Météo France et l’Institut Pierre Simon Laplace (IPSL). Le rapport avait été commandé il y a 4 ans par Chantal Jouanno, alors secrétaire d’Etat à l’écologie.

Autre nouveauté par rapport aux précédents opus: ces simulations s’appuient sur les nouveaux scénarios issus du 5e rapport du Giec[1], de type RCP et non plus Sres. De nouveaux scénarios visant à contenir le réchauffement sous la barre des 2°C (via le scénario 2.6, le moins émetteur), contrairement aux scénarios plus émetteurs 4.5, 6 et 8.5.

Quel que soit le scénario retenu, l’horizon 2021-2050 enregistrera une hausse des températures moyennes comprise entre 0,6 et 1,3°C par rapport à la période de référence 1976-2005. Des records devraient être atteints dans le Sud-est où la hausse sera comprise entre 1,5 et 2°C. «S’il y a peu de différences selon les scénarios, c’est parce que cette hausse dépend de ce qui se trouve déjà dans l’atmosphère», explique Jean Jouzel.

Autre conséquence irrémédiable: les vagues de chaleur seront plus nombreuses : jusqu’à 5 jours supplémentaires sur l’ensemble du territoire et de 5 à 10 jours en plus dans le Sud-est.

De leur côté, les jours les plus froids seront moins fréquents: de 1 à 4 jours en moins en moyenne sur le territoire et jusqu’à 6 jours dans le quart nord-est du pays.

Enfin, les précipitations connaîtront une hausse allant jusqu’à 42 millimètres par jour, en moyenne, sachant que leur distribution géographique reste encore incertaine.

 

Jusqu’à 5°C de plus dans le Sud-est dès 2071

 

A l’horizon 2071-2100, les résultats s’avèrent encore plus alarmants mais aussi très différents selon le scénario. Au cours de l’été, le mercure grimpera ainsi de 1,3°C selon le scénario RCP 2.6, le moins émetteur, et entre 2,6 et 5,3°C selon le scénario RCP 8.5, régions d’Outre-mer comprises. Le Sud-est de la métropole sera, là encore, le plus touché avec des hausses fréquentes de 5°C par rapport à la période 1976-2005.

Le calendrier des vagues de chaleur sera plus important (au moins 20 jours supplémentaires selon le scénario 8.5) tandis que le nombre de jours de froid extrême diminuera (de 6 à 10 de moins dans le Nord-est).

Côté précipitations, les prévisions oscillent selon les modèles (Aladin-Climat ou WRF) mais une chose est sûre, le taux de précipitations extrêmes sera accentué de 5% sur l’ensemble du territoire (selon le scénario 8.5), avec un record de 10% dans le Nord-est. Les épisodes de sécheresse seront par ailleurs plus nombreux dans une large partie sud du pays.

 

Sous la barre des 2°C

 

«Ce rapport aide à une prise de conscience, non pas pour un discours catastrophiste mais pour donner une clé pour agir», a réagi le 6 septembre la ministre de l’écologie, lors de la remise de ces conclusions. Elle a ajouté que le projet de loi sur la transition énergétique (PLTE) comprendrait la nouvelle obligation, pour les bâtiments publics neufs ou les bâtiments bénéficiant de subventions publiques, «d’être à énergie positive».

«Seule une réduction des émissions globales de gaz à effet de serre par 2, voire par 3, entre 2050 et 2100 nous permettra de contenir le réchauffement sous la barre des 2°C, comme le montre le dernier rapport du Giec. C’est un scénario exigeant mais réalisable», rappelle de son côté Jean Jouzel. Une conclusion qui arrive à point nommé, à la veille du début de l’examen du PLTE par la commission spéciale de l’Assemblée nationale.



[1] Giec: Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat

 



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